Une grosse claque. Alors qu'il espérait dépasser les 30% des voix au premier tour, l'UMP ne totalise que de 26% à 29% des voix au niveau national, selon les différents instituts de sondage à 20 heures. Pire, il resterait derrière le PS. (29,1% pour le PS contre 27,3% pour l'UMP selon Opinionway). Un résultat qui traduit non seulement la désaffection des électeurs de droite, mais surtout l'échec de la stratégie de parti unique imposé par Nicolas Sarkozy. Du coup, l'UMP insistait ce dimanche soir non pas sur sa défaite ou sur le score du PS, mais sur l'abstention. Il faut dire qu'avec 52,04% d'abstention selon le ministère de l'Intérieur, l'abstention est «vainqueur par KO» comme le dit l'UMP Laurent Wauquiez. C'est en tous cas le signe que les électeurs, désabusés, n'ont pas pris la peine de se déplacer.
>> La soirée électorale en direct, toutes les réactions, les premières estimations en cliquant ici.
Si les prévisions des sondeurs se confirment, le PS peut donc crier victoire en ce premier tour des régionales. D'autant plus qu'il dispose d'une réserve de voix aussi bien à gauche qu'au centre. Une victoire pour le PS et aussi pour sa secrétaire nationale Martine Aubry, qui va pouvoir faire oublier la façon dont elle est arrivée à la tête du PS et laver l'affront de la défaite aux européennes de l'an dernier: 16,45% des voix et seulement 30.000 voix d'avance sur Europe écologie. Le «PS a atteint un de ses niveaux historiques», s'est ainsi réjoui Martine Aubry avant d'appeler à amplifier le mouvement».
Les socialistes et ses futurs alliés ont cependant peu de temps pour se mettre d'accord sur une liste commune et un programme: les listes pour le second tour doivent être déposer au plus tard mardi à 18 heures en préfecture. Martine Aubry n'a d'ailleurs même pas pris le temps de savourer sa victoire avec les militants rue de Solférino, préférant passer sa soirée à négocier les alliances du second tour.
Autre grand gagnant du scrutin: Europe écologie qui peut aussi sabler le champagne. Avec plus de 13% des voix, même si c'est moins que ses 16,28% des Européennes il y a un an, le mouvement peut se targuer de devenir la 3ème force politique française. Ce qui faisait visiblement très plaisir, ce dimanche soir à Daniel Cohn-Bendit. Mais aussi à Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Il faut dire qu'avec ce score, Europe écologie transforme l'essai des élections européennes de 2009 (16,24% des voix). «Nous avons mené un combat poour donner la possibilité d'une 3e voix. Nous allons continuer. C'est un vrai succès. Cette élection est celle de la confirmation pour nous», s'est réjouie Cécile Duflot dimanche soir.
>> La carte des résultats définitfs c'est ici.
Le Front national a également tiré son épingle du jeu. Le parti frontiste passe allègrement la barre des 10% quand il était crédité ces derniers mois, au niveau national, de 9% des voix. Ce score devrait permettre au FN de se maintenir dans12 régions sur 22 et d'imposer des triangulaires à l'UMP. Un maintien qui avait déjà coûté très cher à l'UMP lors des régionales de 2004.
Côté MoDem, l'heure est aussi à la désolation. Oscillant selon les instituts de sondage autour de la barre de 5% des voix, le parti de François Bayrou n'est même pas certain de pouvoir se qualifier pour le second tour. Même échec pour le NPA d'Olivier Besancenot qui est largement devancé par le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon et ne passe pas la barre des 5% et ne pourra donc pas se maintenir au second tour.