Les élections régionales auront offert aux Alsaciens une saga riche en retournements. La région, traditionnellement à droite, mais sans président sortant, a sérieusement flirté avec le PS et Europe Ecologie avant de se raviser ces derniers jours, selon les sondages. De quoi donner des sueurs froides à la droite, qui présente clairement l’Alsace comme un bastion à préserver coûte que coûte.
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Cet engouement, même si passager, pour la gauche et surtout Europe Ecologie a en tout cas semé la pagaille dans les rangs du MoDem et le sort de l’Alsace pourrait sceller le divorce Bayrou-Lepage. Anticipant la fusion des listes au deuxième tour, Corinne Lepage, vice-présidente du parti de François Bayrou, a apporté lundi son soutien aux Verts alors que le MoDem présente sa propre liste dans la région.
Avec l’Alsace, la Corse est considérée comme une place-forte stratégique pour la droite. Mais les sondages y sont défavorables pour la majorité et Nicolas Sarkozy a tenté début février de renverser la vapeur, lors d’un déplacement sur l’île de Beauté. Peine perdue: selon les dernières projections, la gauche l’emporterait, en cas d’union, au second tour.
Mais il faut que l’alliance entre les quatre listes de gauche prenne pour éviter une douloureuse récidive. En 2004, la gauche, majoritaire mais divisée, avait du céder la présidence de la région à la droite. Une faille qu’espère une fois de plus exploiter la droite, sans beaucoup d’espoir cependant.
Une région qui a «valeur d’exemple». Face à la promesse d’une nouvelle vague rose, le Centre devait faire figure de canot de sauvetage pour la droite. A coups de déclarations tapageuses et de déplacements, du président comme de ses ministres, l’UMP pensait arracher la région à la gauche.
Mais les sondages font mentir les beaux rêves de la majorité. Si la liste UMP mené par le secrétaire d’Etat Hervé Novelli pourrait arriver en tête avec plus de 30% des intentions de vote au premier tour contre 27% pour la liste PS, la gauche (PS-Europe Ecologie) devrait remporter la mise au second tour avec plus de 50% des voix, contre 36% pour l'UMP et 11% pour le FN.
Région capitale, enjeu capital. Longuement préparée en amont, cette élection devait permettre d’arracher l’Ile-de-France à une gauche au bilan mitigé, laissant à la droite les mains libres pour la réalisation du projet du Grand Paris. Mais la campagne de l'UMP Valérie Pécresse n’a pas pris. L’équipe, émiettée par les ambitions personnelles et affaiblie par des accusations mensongères contre le PS, a même dû subir un humiliant recadrage par Nicolas Sarkozy.
Résultat: selon un sondage, le socialiste Jean-Paul Huchon serait réélu avec une majorité très confortable de 60 % des voix, contre 40 % à Valérie Pécresse, au second tour.
Une grosse désillusion pour la droite mais un espoir également envolé pour Europe Ecologie. En quête de nouvelles victoires, la tête de liste Cécile Duflot pensait pouvoir surfer sur la vague verte et dépasser Jean-Paul Huchon au premier tour. Créditée de seulement 18% des intentions de vote -soit 8 points de moins que le PS-, la liste peut cependant espérer compter dans la nouvelle majorité de la première région de France.
Il va sûrement l’emporter, mais de combien? En Languedoc-Roussillon, les inconnues se résument à une question de chiffres: le score que le polémique Georges Frêche pourrait récolter. Embarqué dans une mission kamikaze, le PS ne devrait pas trop perturber ce pilier de la politique locale.
Il restera donc après la bataille fratricide à compter les points. Avec de faibles chiffres pour sa candidate, le PS joue sa crédibilité. De son côté, Frêche, avec un score médiocre, ne se présenterait pas en situation de force face à un Parti socialiste qui doit encore statuer sur le sort de ses alliés. Et l’UMP, face à ces divisions, espère créer la surprise quoique loin dans les sondages.
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