A deux jours du premier tour, Nicolas Sarkozy cherche à se réapproprier l'après-régionales

117 contributions
Publié le 12 mars 2010.

POLITIQUE - Des encouragements, un bilan et un programme pour la suite: le chef de l'Etat, tout en s'en défendant, tente de peser dans le scrutin...

Non et encore non, il ne vole pas au secours de l’UMP en difficulté pour les régionales. Si Nicolas Sarkozy accorde un entretien d’une dizaine de pages au Figaro Magazine à deux jours du premier tour, c’est pour parler de l’avenir. Un avenir bien peu modifié par l’issue d’un scrutin sur lequel il n’aurait pas prise.

«Convenez qu’il serait étrange que je sois le seul à ne pas pouvoir expliquer l’enjeu des élections régionales!», s’exclame le président de la République. Mais ses «explications» semblent bien directives. Nicolas Sarkozy appelle les Français à voter, en choisissant soit le «sortant» soit le «changement». Changement bien sûr incarné par l’UMP, aux commandes de seulement 2 régions sur 22.

La tradition de l’ambivalence

Pour cela, Sarkozy remobilise discrètement ses troupes en déclarant tout simplement qu’il «souhaite que les électeurs de la majorité participent à ces élections». En votant pour cette majorité dont il «approuve» le programme aux mesures «sages». Et quand on lui fait remarquer qu’il a rencontré les chefs de file de la campagne en Ile-de-France, il invoque son statut d’ancien élu de la région.

«Nicolas Sarkozy, comme les autres présidents de la 5e République, reste dans la tradition de l’ambivalence, entre son statut de chef de l’Etat et de chef de la majorité, qui mouille la chemise jusqu’au dernier moment pour ses candidats», a analysé pour 20minutes.fr Stéphane Rozès, politologue, président de Cap. «La cohérence de son attitude, ses aller-retours entre implication et non-implication dans la campagne, est à questionner».

Sarkozy «ne veut pas avoir l’avoir l’air d’agir sous la pression des résultats»

Cette ambivalence est particulièrement visible quand il parle des conséquences des régionales. Celles-ci seront «régionales» mais avec de possibles «adaptations gouvernementales». «Nicolas Sarkozy s’attend à un mauvais résultat, décrypte Stéphane Rozès. Mais il ne veut pas avoir l’avoir l’air d’agir sous la pression des résultats. Le président cherche à préempter l’après-régionales.» 

Le chef de l’Etat voit d’ailleurs loin. Après un «audit des réformes pour les améliorer», le second semestre 2011, soit juste avant les présidentielles, devrait être marqué par une «pause» pour que le Parlement «puisse, s’il le souhaite, délégiférer» en s’attaquant à la «réforme législative et administrative».

«Il est un peu tard, à deux jours des régionales, pour pouvoir peser dans ce scrutin»

Mais avant cette fameuse «pause», les réformes vont s’enchaîner. Nicolas Sarkozy rappelle que la réforme des retraites concernera les 21 millions de salariés du privé et les 5 millions du public, sans transiger sur «deux principes»: «le régime par répartition et le niveau de vie des retraités».

Autre point que le président défend. «Je n’augmenterai pas les impôts. Ni aujourd’hui ni demain», affirme le président. Sur l’identité nationale, thème rapidement oublié par les candidats aux régionales, Sarkozy affirme que le débat «n’est pas arrêté». Seulement suspendu le temps des régionales pour ne pas être accusé «d’électoralisme». Il assure également que la sécurité reste sa «priorité».

«Avec cette interview à la veille des élections, Sarkozy se réapproprie le calendrier des réformes en le donnant en premier. Il cherche ainsi à démobiliser l’électorat de gauche, mais aussi à offrir des perspectives de discours pour ses candidats le soir des élections», explique Stéphane Rozès. Mais selon le politologue, même s’il «essaye de peser sur le cours des événements, il est un peu tard, à deux jours des régionales, pour pouvoir peser dans ce scrutin».


Maud Noyon
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr