-Le PS espère une vague rose pour balayer les divisions internes:
Après des européennes moroses et des luttes internes qui le minent, le Parti socialiste veut profiter des régionales pour redorer son blason. Et surtout pour ressouder ses troupes à l’approche de la présidentielle de 2012.
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Le PS s’engage dans la bataille avec quelques munitions d’avance. Elle occupe 20 présidences de régions métropolitaines sur 22, ses représentants locaux sont appréciés et le parti peut jouer la carte du vote-sanction contre un gouvernement Sarkozy en déprime. Mais le rêve d’un grand chelem dans les régions s’est déjà envolé avec les coups d’éclat de Georges Frêche dans le Languedoc-Roussillon, un conflit qui réserve d’ailleurs des lendemains difficiles pour le parti.
-L’UMP veut limiter les dégâts:
Une campagne qui commence par un cafouillage et qui enchaine sur des accusations mensongères: l’UMP est partie du mauvais pied pour ces élections. Décidé à arracher plusieurs régions à la gauche il y a encore quelques mois, le parti veut désormais limiter la casse et sauver les régions encore à droite. Cerise sur le gâteau, l’UMP vise la première place sur le podium à l'issue du premier tour. Objectif: offrir une certaine légitimité au bilan gouvernemental tout en consacrant les ministres en lice. Une gageure alors que les difficultés du gouvernement s’accumulent et que Sarkozy ne peut pas jouer pleinement au chef de campagne.
-Europe Ecologie cherche à s’imposer:
Moins d’un an après les scores inattendus des européennes, le mouvement cherche à consolider son assise. Et rêve d’arracher une présidence de région au nez et à la barbe des forces politiques traditionnelles. En fait, tout dépendra de ses scores au premier tour: ils placeront, ou pas, Europe Ecologie en position de force pour négocier avec le PS, mais devraient lui permettre de se maintenir dans la quasi-totalité des régions.
Le score aux régionales aura en tout cas une importance majeure dans la structuration du mouvement, agrégation de représentants de la société civile autour du noyau des Verts, en vue des prochaines échéances électorales.
-Le MoDem joue sa crédibilité:
Le parti veut absolument faire mentir les sondages. Crédité d’environ 5% des intentions de vote, le Mouvement Démocrate de François Bayrou est loin, très loin, des 10% qui lui aurait permis de se maintenir au second tour. Après des européennes décevantes, le départ de nombre d’élus et de candidats, le Modem joue dans ces élections sa crédibilité et même sa survie en vue de 2012 alors qu’il a pris le choix périlleux de présenter des listes autonomes au premier tour.
-Le FN, des élections pour préparer la suite:
Dans une mauvaise passe financière et électorale, le Front national compte sur les élections régionales pour maintenir son implantation locale. Crédité de près de 9% des intentions de vote (moins qu’aux dernières régionales mais près de 3 points de plus qu’aux européennes), le parti s’appuie aussi sur ses têtes d’affiche -Jean-Marie Le Pen en Paca, sa fille Marine dans le Nord- Pas de Calais - pour préparer l’avenir.
Les bons résultats attendus pour Marine Le Pen devraient en effet permettre d’en faire l’héritière naturelle du parti. Mais ne devrait pas consentir au parti d’atteindre le score «à deux chiffres» espérés pour remettre le parti sur les rails.
-Le Front de gauche avance aux dépends du NPA:
En choisissant l’autonomie dans la majorité des régions, le NPA ne profite pas du souffle du Front de gauche pour décoller. A quelques jours des régionales, le parti d’Olivier Besancenot stagne entre 2 et 2,5% d’intentions de vote alors que le Front de gauche devance même le MoDem avec 7% d’intentions de vote. De quoi fusionner au deuxième tour avec le PS, une aubaine dont ne pourrait pas profiter le NPA s’il n’atteint pas la barre fatidique des 5%.
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