Régionales: que peut-il encore se passer?

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Publié le 8 mars 2010.

POLITIQUE - A six jours du premier tour, le point sur les surprises qu'on peut encore attendre (ou pas)...

«C’est la première semaine où personne n’est en vacances, et c’est une semaine décisive, juste avant le vote», note Frédéric Dabi, directeur du Département Opinion et Stratégies d'Entreprise de l'Ifop, contacté par 20minutes.fr. Les lignes peuvent donc  toujours bouger, d’autant que selon les derniers sondages, «plus de 40% des électeurs sont incertains», précise-t-il. Tour d’horizon de ce qui peut encore faire bouger les indécis.

L’abstention

LA grande incertitude, c’est la participation. Et un faible taux pourrait coûter cher à la droite. «Voter ou pas revêt une dimension nationale qui handicape plutôt la majorité», explique le politologue, président de Cap (conseil, analyse et perspective), «l’abstention peut signifier un malaise sur les questions nationales». La majorité présidentielle risque donc de plus en souffrir que la gauche.

«Depuis la présidentielle de 2007, on est dans un contexte abstentionniste», renchérit Frédéric Dabi, dont l’institut de sondage prévoir un taux de participation aux environs des 54%.

Pour Stéphane Rozès, «les régions peinent à exister comme échelon politique décisionnel. Et avec la crise, les gens vivent plus la proximité, avec le quartier ou la ville», ce qui peut expliquer un nouveau risque de record d’abstention.

L’incertitude autour du Front national

Seconde donnée qui peut faire changer le résultat: le poids du Front national, et notamment la possibilité de se maintenir au second tour, ce qui nuit généralement à l’UMP. «Le FN a de fortes chances d’être en baisse par rapport à 2004», estime Frédéric Dabi. «On estime qu’il pourrait se maintenir dans 8 à 9 régions».

La déclaration malheureuse

Avant les Européenes, on se souvient de François Bayrou, qui, en plein prime-time, sur France 2, attaque violemment Daniel Cohn-Bendit. Pour beaucoup, cette déclaration a coûté cher au MoDem. Même si chacun reste prudent, un dérapage de ce genre n'est pas impensable d'ici dimanche.

Néanmoins, son impact resterait sans doute limité. Les surprises devraient rester marginales souligne Stéphane Rozès. «Les grandes tendances ont peu de chances d’être inversées, notamment en raison du mode de scrutin, de listes, indexées par département». Les impacts ne sont pas les mêmes que sur un scrutin uninominal national.

Un fait-divers qui choque?

En 2002, trois jours avant la présidentielle, l'agression de Paul Voise, en pleine campagne électorale centrée sur l'insécurité, avait ému la France entière, entraînant, selon certains, l'éviction de Lionel Jospin au premier tour.

Moins de risque aujourd'hui d'un tel impact, notamment parce que l'insécurité n'est pas au coeur de la campagne des régionales.

Un effet Home-bis?

Depuis ce week-end, et l’annonce, par TF1, de la programmation d’Ushuaïa, l’émission de Nicolas Hulot, en prime time, ce vendredi, on s’attend à un second effet Home. Avant les Européennes, la diffusion du film avait -selon certains observateurs- boosté les votes en faveur d'Europe Ecologie. En sera-t-il de même? Pour Frédéric Dabi, de tels impacts sont «difficilement quantifiables».

Par ailleurs, «les médias n’ont qu’un effet accélérateur de dynamique, précise le politologue Stéphane Rozès, ils ne font pas bouger les grandes lignes». Dans le cas d’Europe Ecologie, il estime qu’on devrait «revenir à la normale» sur le vote vert. «Europe Ecologie a fait des erreurs tactiques dans sa campagne, en se plaçant plus sur la questions des rapports avec les socialistes que sur les territoires et les projets.»

Oriane Raffin
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