«Ce doit être pour fêter mon anniversaire, j'imagine». François Fillon, 56 ans ce jeudi, a apprécié la couverture que lui a dédiée l'hebdomadaire Le Point cette semaine. Sur celle-ci, le Premier ministre est sacré «président», tout simplement.
Un joli cadeau, offert en réalité par les Français qui, selon un sondage Ipsos réalisé pour le magazine, le considère comme un meilleur président potentiel que les socialistes Martine Aubry et, plus encore, Ségolène Royal. Il n'est dépassé que par Dominique Strauss-Kahn, toujours aussi populaire.
Il devance tous les autres candidats potentiels de droite
Même succès face à d'autres personnalités de son propre camp. «45 % des Français de droite le préféreraient à tout autre candidat issu des rangs de l'UMP, dans le cas où Nicolas Sarkozy ne se présenterait pas», indique le magazine. Il devance Alain Juppé, Jean-François Copé, Xavier Bertrand et même Dominique de Villepin, ex-Premier ministre qui a lui aussi le vent en poupe ces derniers temps.
Figurent également dans l'enquête du Point des jugements très positifs portés par les Français sur les qualités de François Fillon. Ces derniers apprécient en premier sa détermination (62 %), son sens du dialogue (57 %), et sa sincérité (56 %). Si son autorité est moins évidente que celle de Nicolas Sarkozy (42% contre 70%), les Français le jugent plus à l'écoute que son supérieur hiérarchique (48% contre 34%).
François Fillon, un «successeur logique»
Le Premier ministre, qui a «appris à durer», bénéficie largement de sa position «plus abritée que celle de Nicolas Sarkozy», selon Stéphane Zumsteeg, directeur du Département Opinion et Recherche Sociale d'Ipsos, joint par 20minutes.fr. Contrairement à ses prédécesseurs, il ne «prend pas les coups», n'est pas responsable des échecs électoraux et offre «une image de souplesse» qui plaît aux Français.
Surtout, cette dernière enquête révèle François Fillon comme un «successeur logique» à Nicolas Sarkozy, sans pour autant que le Premier ministre n'apparaisse sous l'étiquette négative d'un «dauphin» ou d'un «challenger» aux dents longues comme certains de ses congénères de l'UMP.
Sa cote de confiance est en baisse
Des sondages positifs qui contrastent cependant avec la dernière enquête de confiance réalisé par LH2 pour le site du Nouvel Observateur, publiée lundi. Le Premier ministre y récolte 50% de confiance, mais il perd cinq points par rapport au baromètre précédent, tandis que les jugements négatifs à son égard gagnent eux cinq points à 45%.
Les bains de foule savourés ce jeudi matin au salon international de l'agriculture ont sans doute rassuré François Fillon même si François Hollande, croisé par hasard, a estimé ironiquement que ce statut de présidentiable pourrait «lui faire perdre son poste de Premier ministre». Si la droite change de candidat en 2012, ce sera selon lui en tout cas la preuve qu'elle aura «échoué», selon le socialiste. Joyeux anniversaire quand même.