Des policiers ont effectué entre 30 et 40 consultations du dossier d'Ali Soumaré, révèle le site Internet du Monde. Mais, mauvaise nouvelle pour eux: les recherches effectuées dans le système de traitement des infractions constatées (STIC) sont enregistrées, et la trace de leurs auteurs peut être retrouvée.
Cet intérêt pour le passé judiciaire du chef de file du PS pour les élections régionales dans le Val-d'Oise qui s’est fait jour bien avant les accusations de Francis Delattre et Sébastien Meurant. Les maires UMP de Franconville et Saint-Leu-la-Forêt avaient qualifié Ali Soumaré de «délinquant multirécidiviste chevronné», et listé les condamnations du candidat sans préciser clairement la source de leurs informations judiciaires.
Le 26 février dernier, le président de la Commission nationale informatique et libertés (CNIL), Alex Türk, a réclamé à la direction générale de la police nationale des explications sur la provenance des allégations des deux élus. Le directeur général de la police nationale (DGPN), Frédéric Péchenard, a indiqué au quotidien qu'il «n'excluait pas d'ouvrir une enquête et de saisir l'IGPN [l'inspection générale de la police nationale]», et qu’il effectuait «un état des lieux sur l'accès aux antécédents d’Ali Soumaré».
Selon lui, les informations concernant les condamnations et les peines de prison imputées à Ali Soumaré ne proviennent pas du STIC mais du casier judiciaire. Il considère donc que si enquête administrative il devait y avoir, policiers, mais aussi avocats et magistrats devraient être visés.