Bretelles et cigare. Les deux attributs sont indissociables de l’image de l’ancien ministre du budget mitterrandien. Celui qui occupe les bancs du Sénat depuis 1981 (avec une petite interruption le temps de se consacrer aux finances de la nation), devrait rejoindre mercredi les sages du Conseil constitutionnel.
De gauche, mais proche de Sarkozy
Comment le situer sur l’échiquier politique? Pas simple. A tel point que Thierry Ardisson, en 2006, lui avait fait passer un test, afin de déterminer de qui il était proche...
Au delà de la blague, l’ancien ministre de François Mitterrand, après avoir soutenu la réforme Fillon des retraites, en 2002, avait accueilli Nicolas Sarkozy dans sa mairie, en 2007. En 2008, il est exclu du Parti socialiste. En cause, le soutien à un candidat dissident.
Qu’importe, il reste socialiste dans son coeur. Interrogé par Jean-François Achili, en février dernier, Michel Charasse affirmait encore «ils m’ont foutu dehors». Il se considère alors comme un socialiste en dehors du PS. «On y est presque mieux», confie-t-il.
«Le spécialiste des recours au Conseil constitutionnel»
Sur ses compétences, il fait l’unanimité. A gauche comme à droite. Jacques Pélissard, député UMP et président de l’Association des Maries de France (AMF) se dit «très heureux de cette nomination», saluant un homme «qui a le sens de l’Etat». Michel Charasse, ancien trésorier de l’AMF a «une répulsion pour toute démagogie», précise-t-il.
L’ancien ministre socialiste, Louis Mexandeau, contacté par 20minutes.fr, confirme: «je suis sûr de sa compétence.» Celui qui se considère comme un «ami» de Michel Charasse, confie: «c’est un redoutable connaisseur des textes constitutionnels. Je l’ai vu faire des dizaines de recours quand il était au groupe PS. C’était vraiment le spécialiste des recours au Conseil constitutionnel. Il passe de l’autre côté de la barrière en quelque sorte».
Certains au PS, semblent pourtant rancuniers. Interrogé sur le fait de savoir si Michel Charasse était un sage, Michel Sapin répond: «Je n'ai jamais entendu dire, comme qualificatif premier pour Michel Charasse, qu'il était un sage». Le député socialiste précise: «Nicolas Sarkozy ne fait jamais rien de manière désintéressée».
Michel Charasse, de son côté, estimait sur France Info que «c’est une manière, à 69 ans bientôt, de continuer à servir la France et la République.» «Et puis, au fond, c’est une fin de vie publique assez honorable, non?», demande-t-il.