POLITIQUE - Le parti présidentiel accuse l'opposition d'utiliser de l'argent public à des fins de «propagande»...
L'UMP n'est pas contente: «L'argent des Français ne doit pas servir à mentir aux Français». Xavier Bertrand, le secrétaire de l'UMP, a dénoncé «un vrai scandale» ce mercredi lors d'un point presse de son parti. Accompagné de Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, le ministre a accusé le Parti socialiste de mener «une campagne de désinformation massive» au sujet de
la réforme des collectivités locales.
«Comment le PS fait de la propagande avec votre argent»
Le décor au siège de l'UMP était planté: un grand slogan, «Comment le PS fait de la propagande avec votre argent», entouré des unes de magazines de conseils généraux et régionaux de gauche
dénonçant la réforme des collectivités locales. Une cinquantaine d'entre eux aurait mené cette campagne par le biais d'affiches, de tracts et de pétitions.
Les deux porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre et Dominique Paillé, ont également fait part de leur mécontentement, le premier se disant «choqué par cette méthode anti-démocratique», quand le second lançait un «J'accuse» à l'encontre des «mensonges et de la manipulation» du PS.
Pour Hamon, les collectivités locales ont raison
«Ils sont énervés à l'UMP en ce moment», a réagi le porte-parole du PS, Benoît Hamon, contacté par 20minutes.fr. Selon lui, les collectivités locales ont eu raison de mener cette campagne
contre une réforme qui les concerne directement: «On pourrait aussi comptabiliser le temps de parole du président de la république et prendre toutes les plaquettes de l'Etat pour de la propagande pro-UMP».
Benoît Hamon prend ces accusations «avec sérénité en ce qui nous concerne et consternation en ce qui les concerne», indiquant qu'il s'agissait là du «révélateur d'un pouvoir politique aux abois, qui cherche à faire diversion.»
«Une belle et grande campagne»
Même son de cloche du côté de Michel Berson, président socialiste du
conseil général de l'Essonne, visé directement par les attaques de l'UMP, mais qui revendique sans gêne à 20minutes.fr une «belle et grande campagne» contre la réforme des collectivités locales.
«Cela n'a absolument rien à voir avec la campagne pour les régionales. Nous avions l'obligation de réagir et d'informer les gens sur des projets du gouvernement qui remettent en question des éléments fondamentaux du service public local». Michel Berson ajoute que cette campagne «n'a rien coûté», car les fonds utilisés étaient «prévus dans le budget initial de 2009».
Corentin Chauvel