POLITIQUE - La gauche estime que l'UMP a «tronqué» son champ d'investigation...
Le casse-tête sémantique est suspendu. Le groupe PS a demandé ce mardi le retrait de l'ordre du jour de sa demande de
commission d'enquête parlementaire sur les sondages de l'exécutif. L'opposition dénonce le fait que l'UMP ait «tronqué» le champ d'investigation pour qu'il n'y ait pas d'enquête sur les sondages commandés par l'Elysée.
Un intitulé «trop large»
Jugeant «trop large» l'intitulé de la
commission d'enquête parlementaire, la commission des Finances de l'Assemblée nationale avait voté
mercredi dernier, sous l'impulsion de ses membres UMP, un amendement excluant explicitement du champ d'investigation les dépenses de l'exécutif sous Nicolas Sarkozy.
Le député UMP
Olivier Carré, rapporteur de cette résolution, a indiqué à 20minutes.fr que le rôle d'une commission d'enquête parlementaire n'était pas de «faire des coups»: «Est-ce que le Parlement doit servir à attaquer le président de la république?» Selon le député, le sujet de cette commission n'était de toute manière pas fondamental et n'aurait pas dû être «entaché d'irrecevabilité».
«Une situation de blocage»
Interrogée par 20minutes.fr, la députée PS
Delphine Batho conteste les accusations de l'UMP: «Une enquête est nécessaire parce que ces sondages sont financés par des crédits qui sont votés par le Parlement». Ainsi, la demande de commission d'enquête n'est pas retirée définitivement mais simplement ajournée: «Nous sommes dans une situation de blocage».
«Ce n'est pas parce que l'on nous met des bâtons dans les roues que nous n'irons pas jusqu'au bout», ajoute Delphine Batho.
Vidée de sa substance
Déjà bien
malmenée depuis plusieurs mois, la commission d'enquête s'est retrouvée vidée de sa substance par la majorité UMP. «Le président de la République est déjà politiquement et pénalement irresponsable. Avec cet amendement, il devient également budgétairement irresponsable», avait fustigé le député PS
Jérôme Cahuzac la semaine dernière.
C.C. avec agence