«Il faut un bac +15» pour comprendre la réforme des collectivités

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Publié le 20 novembre 2009.

REPORTAGE - Pour la première fois Nicolas Sarkozy a reçu les maires de France à l'Elysée...

Malgré l'appel au boycott lancé par les élus de gauche, la salle est comble. Plusieurs centaines de maires sont venus écouter Nicolas Sarkozy sur la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités locales. Le chef de l'Etat s'excuse de ne pas avoir assisté au Congrès des maires de France cette semaine. Une absence critiquée par l'opposition.
 
Pourquoi la gauche n'est pas là?


«Remplacer sa présence au Congrès par une invitation sous les lambris élyséens pour quelques centaines de privilégiés ne saurait tenir compte de débat démocratique», avait estimé le secrétaire général de l'AMF, l'ancien secrétaire d’Etat socialiste André Laignel, vendredi matin.
 
Pour Valérie Lecroute, maire UMP de Nemours, en Seine-et-Marne, qui porte fièrement son écharpe tricolore, «il s'agit juste d'un problème de calendrier». L'élue ne comprend pas «pourquoi la gauche n'est pas là. En tant qu'élus, on doit montrer l'exemple», regrette-t-elle.
 
«Cela fait 20 ans que j'entends parler de péréquation»
 
Après un discours fleuve, (il a duré près d'une heure), les élus posent leurs questions au président de la République. Les mains sont nombreuses à se lever dans la salle. Il n'y aura pas assez de temps pour que tous s'expriment.
 
Le Président des maires ruraux de France prend la parole. Il dénonce la complexité de la réforme proposée par le gouvernement de François Fillon. «Il faut un bac +15» pour comprendre les textes, lâche-t-il, avant de faire par de son inquiétude et de celle de ses collègues? «Cela fait 20 ans que j'entends parler de péréquation», reprochant à demi-mot que rien n'a changé.
 
«Nous sommes comme Saint Thomas»

Françoise Gatel, présidente des maires d'Ille-et-Vilaine et maire centriste de Châteaugiron, prend le micro. «Nous sommes comme Saint Thomas, nous ne croyons que ce que nous voyons», lance-t-elle en direction de Nicolas Sarkozy, précisant que les élus ne sont pas hostiles à toute réforme. Quelques rires se font entendre dans la salle. Le chef de l’Etat lui répond, sourire en coin, «que c’est bien de voir des gens dire “j’attends de voir”, parce que d’habitude, ils râlent avant même de voir».
 
Puis c'est au tour de Dominique Peduzzi, président de la fédération des maires des Vosges, de prendre la parole. Il reproche «le manque de temps dont disposent les élus locaux», pour suivre les réformes. Nicolas Sarkozy dit «comprendre l'inquiétude des élus locaux» et leur assure qu'ils «sont écoutés», avant de les inviter à réitérer cette rencontre l'an prochain. L’échange entre élus locaux et le Président est terminé. A la sortie, la plupart se disent convaincus par la réforme engagés. Mais cette majorité l’était déjà avant de venir à l’Elysée.
Maud Descamps
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