Alain Juppé dans son bureau à la mairie de Bordeaux, le 29 février 2008.
Alain Juppé dans son bureau à la mairie de Bordeaux, le 29 février 2008. - R. DUVIGNAU / REUTERS

Si la présence de Nicolas Sarkozy le 9 novembre 1989 à Berlin est confirmée par plusieurs sources, les interventions d'Alain Juppé sur le sujet ce lundi ont plutôt alimenté la polémique, portant à confusion. L'ex-Premier ministre avait affirmé sur TV5Monde s'être rendu dans la capitale allemande le 10 ou le 11 novembre 1989, tout en cafouillant «je ne me souviens plus exactement».

Une précision qu'il a pris soin de rajouter également sur son blog, où il affirmait dans un premier temps qu'il était à Berlin «le 9 au soir». Une parenthèse a été ajoutée ce lundi: «Le 9 au soir (ou quelques jours plus tard, ma mémoire est imprécise sur la date exacte)». Une vidéo officielle postée sur le site de la ville de Bordeaux le 3 novembre 2009 où le maire UMP évoquait également la date du 9 a quant à elle été coupée et remontée.

Rectificatif sur son blog

Dernier rectificatif, Enfin, Alain Juppé a posté un nouveau billet sur son blog ce lundi, où il écrit: «9 novembre ou quelques jours plus tard? Quelle affaire! Les personnes qui m’accompagnaient sont formelles: c’était le 9. Dans la "Tentation de Venise" qui remonte à 1993, je parle du 16. Je ne me suis pas depuis replongé dans mes agendas de l’époque.»

La date du 16 novembre figure également dans une autobiographie non autorisée d'Alain Juppé, Le Joker, de Céline Edwards-Vuillet (Editions Le Seuil-Mollat, 2001), citée par Bejnamin Ferran sur Offnotes ainsi que dans une dépêche de l'AFP, exhumée par Lefigaro.fr ce lundi. 
 
Deux versions divergentes

De quoi jeter le trouble sur la présence effective du chef de l'Etat à Berlin le jour de la chute du mur. Ce dernier affirmait en effet sur sa page Facebook qu'il était bien en compagnie d'Alain Juppé, alors secrétaire général du RPR, le 9 novembre 1989 - et pas le 10 ou le 11 - à Berlin. En réalité, les deux hommes y seraient allés deux fois, le 9 et le 16 novembre.

La polémique naissante a-t-elle fait douter le maire UMP de Bordeaux?  A la mairie, on indique qu'il «faut se cantonner à ce qu’Alain Juppé écrit sur son blog» et que «sa mémoire lui fait peut-être défaut à un ou deux jours près».

Sur
son blog, il racontait le 7 novembre 2009: «En novembre, j’étais de nouveau à Berlin, avec ma petite équipe du RPR, dont Nicolas Sarkozy. Le 9 au soir, il gelait à pierre fendre. Nous avons franchi le mur à Check Point Charlie… Sans contrôle cette fois. Sur la place de Brandebourg, nous avons rencontré un jeune soldat qui montait sa garde en battant la semelle. Son visage était ensoleillé d’un grand sourire. Je lui ai demandé pourquoi. “Demain, je passe à l’Ouest pour la première fois de ma vie”, m’a-t-il répondu, heureux.»
 
En l'occurrence, ce récit n'est pas tout à fait raccord avec celui de Nicolas Sarkozy sur Facebook. Le chef de l'Etat indique qu'«arrivés à Berlin ouest, nous filons vers la porte de Brandebourg où une foule enthousiaste s’est déjà amassée à l’annonce de l’ouverture probable du mur. (...) Nous filons ensuite vers Check Point Charlie pour passer du côté est de la ville, et enfin confronter ce mur dans lequel nous avons pu donner quelques coups de pioche».

Ci-dessous, la version coupée de la vidéo d'Alain Juppé:



Et ici, la première version, où la date du 9 novembre est encore prononcée:


 

 

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