Pasqua veut «rafraîchir la mémoire de Chirac et Villepin»

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Publié le 7 novembre 2009.

POLITIQUE - Condamné à trois ans de prison, le sénateur insiste: il veut la levée du secret-défense...

Charles Pasqua ne décolère pas. Condamné à trois ans de prison dont un ferme dans l'affaire de l'Angolagate, l'ancien ministre de l'Intérieur menace de faire quelques révélations prouvant que l’Elysée était au courant du rôle de Gaydamak, affirme-t-il dans une interview au JDD, samedi.

«Aigrefins»

«Je vais rafraîchir la mémoire de Chirac et Villepin», lance-t-il. Et de réclamer de nouveau la levée du secret-défense. Il propose ainsi, dans une lettre à tous les parlementaires, de créer une commission habilitée à enquêter sur les affaires protégées par le sceau du secret-défense.

«Il faudrait que dès que le nom d'un homme politique ou d'un responsable est cité, celui-ci puisse d'adresser à cette commission, habilitée à enquêter sur des informations protégées par le secret-défense», explique-t-il dans sa lettre.

«J'estime aujourd'hui que l'on se sert du secret-défense, en France, pour protéger quelques aigrefins. Des escrocs s'abritent derrière l'intérêt national et le secret-défense pour faire leurs propres affaires», accuse-t-il, pointant «une douzaine de personnes, en France, qui font croire qu'elles agissent pour des politiques, mais qui ont fait des fortunes considérables. Ou qui ont pu enrichir certains.»

Chirac dans le viseur

«Dans l'affaire Elf, par exemple, André Tarallo se faisait passer pour l'ayant droit d'Omar Bongo, je ne suis pas sûr que cela corresponde à la réalité», argumente l'ancien ministre, en glissant que «Tarallo, camarade de promotion de Chirac à l'ENA, condamné à 7 ans de prison, n'est resté qu'un mois en détention».

Charles Pasqua devrait passer à l’offensive jeudi. C’est à cette date qu’il a prévu de faire des «révélations», documents à l’appui, d'une conférence de presse. La semaine dernière, également dans le JDD, Charles Pasqua avait accusé Jacques Chirac d'avoir «débloqué 900.000 francs» pour la libération des deux pilotes, obtenue selon lui grâce à l'homme d'affaires Arcadi Gaydamak, également condamné dans le dossier Angolagate. Mercredi, Jacques Chirac avait indiqué ne pas avoir «un souvenir très précis de cette affaire».
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