DRAMES - Toutes les histoires ne finissent pas forcément bien, exemples locaux à l'appui...
Si Jean Sarkozy peut compter aujourd'hui sur le
soutien de son père, quand les liens familiaux croisent les liens politiques, les désaccords tournent rapidement au drame. Les habitants de Puteaux (Hauts-de-Seine) et Bray-Dunes s'en souviennent, qui ont par exemple dû trancher des désaccords familiaux à travers les élections municipales. Récit.
La saga des Ceccaldi-Reynaud. Courant 2004, le maire UMP de Puteaux (Hauts-de-Seine),
Charles Ceccaldi-Reynaud, démissionne pour raisons de santé. A qui transmet-t-il le mandat? A sa fille
Joëlle, qui siège comme adjointe depuis 1995. Mais un peu moins d'un an plus tard, remis sur pied, il souhaite récupérer ce qu'il perçoit comme étant son bien. Sauf que Joëlle Ceccaldi-Reynaud a pris goût à la fonction et décide donc de ne pas céder aux demandes de son père.
C'est que chez les Ceccaldi-Reynaud, on est tenace: le père, devenu député à la faveur de l'arrivée au gouvernement de Nicolas Sarkozy en 1993, n'avait accepté de démissionner en 1995 qu'en échange d'un mandat de sénateur. Forcément, la situation génère des conseils municipaux pour le moins houleux. «Les arcades, c'est mon idée, de toute façon vous n'avez pas d'idées», lance Charles Ceccaldi-Reynaud à sa fille devenue maire. La vidéo a été filmée par le
blogueur et élu Modem Christophe Grébert:
Finalement, il n'y a qu'une manière de régler ça: aux élections municipales, à la loyale. Le père et la fille s'affrontent donc aux élections de 2008. L'ambiance au soir du premier tour donne un échantillon du ton de la campagne:
Le score sera sans appel pour Charles Ceccaldi-Reynaud. Au second tour, il termine dernier d'une quadrangulaire, avec 7,75%, alors que sa fille est élue avec 52,98% des voix. Ironie de l'histoire, il ne peut même pas siéger au conseil municipal: la loi interdit que plus de deux membres de la même famille y siègent. Et sur la liste de Joëlle Ceccaldi-Reynaud se trouve déjà... son fils, Vincent Franchi.
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Bray-Dunes et les familles recomposées. Tout se passait bien à Bray-Dunes, paisible village du Nord de 4.500 habitants. Le maire (PS), Claude Marteel, est en place depuis 1989. Un de ses adjoints, Didier Menneveux, lui a même demandé la main de sa fille, ce qu'il a accepté bien volontiers. En 2005, la machine se grippe sérieusement, lorsque Didier Menneveux se sépare de la fille du maire, puis choisit de quitter le conseil municipal. Interrogé par le site
Chroniques de Mars, réalisé par les étudiants de l'Ecole de journalisme de Lille pendant les municipales 2008, il dit avoir «refusé de mélanger vie publique et vie privée».
Apparemment, Didier Menneveux aurait plutôt été poussé vers la sortie vers son ex-beau-père, qui avait visiblement peu apprécié qu'il se sépare de sa fille. Selon
La Voix du Nord, le maire, Claude Marteel, aurait évoqué des raisons d’«éthique» pour demander son départ. Alors forcément, le mélange vie privée-vie publique finit par prendre lorsque l'ex-adjoint et ex-gendre décide de se présenter aux municipales 2008.
Evidemment, Claude Marteel prend les choses assez mal. «Je préfère l'ignorer», dit-il aux étudiants de l'ESJ, dénonçant, «une forme de vengeance», «une querelle de personne, d'homme à homme», qu'en l'occurrence les habitants sont sommés d'arbitrer dans les urnes:
Finalement, les électeurs choisissent très massivement la liste de Claude Marteel, réélu à 53%. Didier Menneveux ne termine que troisième, ce qui n'empêche pas le maire de dénoncer une campagne «basée sur la haine et le mensonge»:
Preuve, tout de même, que le mélange de la vie familiale et politique, si la mayonnaise finit par tourner, peut générer des situations inextricables.
Emile Josselin