Nicolas Sarkozy à Gandrange ou le scénario d'une reprise en main

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Publié le 15 octobre 2009.

POLITIQUE - En réalité, le chef de l'Etat avait prévu dès lundi ce voyage...

En déplacement en Moselle la semaine dernière, il avait soigneusement évité les lieux. Ce jeudi, c'est en catimini que Nicolas Sarkozy a honoré sa vieille promesse de retourner à Gandrange. Le mail de l'Elysée est en effet arrivé à 14h38. «Le Président de la République sera à Gandrange à 15h...» D'une pierre deux coups. En prenant les journalistes et les syndicats de cours, le chef de l'Etat est parvenu à étouffer la polémique sur son fils et à éviter l'accueil mitigé que lui réservaient les anciens salariés de l'usine ArcelorMittal de Gandrange.
 
«C'est un peu une astuce politique»

En février 2008, le chef de l'Etat leur avait en effet promis de revenir avec une «solution». Depuis, ils attendaient. «La semaine dernière, on a fait une table ronde. Il n'a même pas daigné nous répondre, explique Edouard Martin, délégué CFDT. Et une semaine après, il vient en catimini! Il craignait peut-être une réception beaucoup moins joviale...»

Sur le perron de la mairie de Gandrange, le chef de l'Etat a donc fait amende honorable. «J'ai mesuré l'ampleur de la déception lors de ma visite en Lorraine il y a quelques jours. J'ai décidé d'y retourner. C'était une erreur.» Députée (PS) de Moselle, Aurélie Filippetti est, pour une fois, d'accord avec lui. «C'est un peu une astuce politique. Il a compris la semaine dernière que cette situation nuisait gravement à sa crédibilité politique.»
 
Une interview au Figaro

Il a surtout compris qu'il fallait reprendre la main. Depuis la rentrée, la majorité UMP est secouée par une série de controverses. «Cette semaine, on a bien essayé de lancer d'autres sujets. Mais la polémique Jean Sarkozy emportait tout sur son passage», témoigne sous couvert d'anonymat le conseiller d'un ministre. C'est donc le chef de l'Etat lui-même qui a été envoyé en première ligne. Ce jeudi, la mairie de Gandrange a été prévenue de son arrivée cinq minutes à l'avance. « C'est l'émeute. Tout le monde s'active. On organise le service d'ordre», nous a ainsi confié une employée en plein rush.

En réalité, Nicolas Sarkozy avait prévu dès lundi ce voyage. Mardi, il décidait d'accorder une interview au Figaro, à paraître vendredi et mise en ligne sur le site Internet du quotidien jeudi soir. Le chef de l'Etat revient sur tous les sujets d'actualité. Il prend la défense de Frédéric Mitterrand et de son fils Jean Sarkozy. Il rappelle l'importance du Premier ministre. Et évoque même l'élection présidentielle de 2012. «La question de ma candidature ne se posera qu'en 2011», assure-t-il. C'est pourtant dès aujourd'hui qu'il se prépare à y répondre. 
Vincent Vantighem et Oriane Raffin
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