Patrick Ouart, ministre de la justice bis

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Publié le 14 octobre 2009.

POLITIQUE - C'est lui qui a notamment suivi l'affaire Clearstream pour Nicolas Sarkozy...

 Contrairement à Henri Guaino ou Claude Guéant, le conseiller du président de la République s'expose très peu dans les médias. Une discrétion inversement proportionnelle à son pouvoir supposé, qui lui vaut souvent le qualificatif de «vrai ministre de la justice». Il a toutefois accepté de rencontrer Mathieu Delahousse, auteur de «Justice, le ministère infernal» (éd. Flammarion), où il explique sans détour son rôle au moment de la nomination de Rachida Dati: «protéger le président de la République de dysfonctionnements éventuels de la place Vendôme». Selon l'auteur du livre, Patrick Ouart «admet évidemment que ses propres avis et conseils ont bien vite supplanté ceux de la garde des Sceaux et auprès du chef de l'Etat.»
 
Concernant Clearstream, il est très clair: «Dans ce dossier, je conseille Nicolas Sarkozy. Ses intérêts sont défendus par un duo formé de Thierry Herzog et de moi-même». Un dossier dont le président «veut avoir la maîtrise». Son rôle se transformerait-il en conseiller particulier? «Ce pourrait être une privatisation de ma fonction. Mais ce n'est pas le cas», répond-t-il, niant être «dans un conflit d'intérêt». Des propos à la mesure de l'importance occupée auprès du chef de l'Etat par cet ancien magistrat, né en Picardie en 1959. Passé par l'Ecole nationale de la magistrature, il crée l'Association professionnelle des magistrats, plutôt classée à droite. Ce qui lui vaut en 1986 d'être remarqué par le ministre de la justice Albin Chalandon, qui le fait entrer dans son cabinet.

Le conseiller contre la ministre

Il devient rapidement secrétaire général de la mission interministérielle de lutte contre la toxicomanie. Mais la victoire de la gauche en 1988 lui fait perdre son poste. C'est en 1993 qu'il fait la connaissance de Nicolas Sarkozy. Patrick Ouart est alors conseiller pour les affaires de justice auprès du premier ministre Edouard Balladur. Après l'échec de la candidature Balladur à la présidentielle de 1995, il entre dans le privé, au comité exécutif du groupe Louis-Vuitton-Moët-Hennessy, dont il conseille également, le président, Bernard Arnault.

En 2007, lorsqu'il accepte de rejoindre Nicolas Sarkozy, il travaille pour le groupe Suez. C'est un de ses intimes, Michel Dobkine, qui devient le directeur de cabinet de Rachida Dati, jusqu'à ce que celle-ci s'en sépare. Un accroc de plus dans la mauvaise relation entre le conseiller et la ministre. Et c'est le premier qui va prendre de l'importance au fur et à mesure de la disgrâce de Rachida Dati. C'est par exemple lui qui rédige le discours de Nicolas Sarkozy sur la réforme de la procédure pénale en janvier 2009. Pour la forme, la ministre «avait eu le discours la veille», dit Patrick Ouart dans le livre. Quelques semaines plus tard, elle est propulsée contre son gré dans la campagne des Européennes.
E.J.
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