INTERVIEW - Le politologue spécialiste du FN analyse la stratégie du parti d'extrême droite...
C'est Marine Le Pen qui a déterré les écrits controversés de Frédéric Mitterrand. Dans quel but?
C'est la seule façon d'exister politiquement pour le Front national. L'ouverture à gauche de Sarkozy mécontente la frange la plus droitière et conservatrice de l'UMP. Sans parler des militants de Villiers qui viennent de le rejoindre... Alors que son parti est en mauvaise posture, Marine Le Pen en profite pour essayer de les récupérer.
Rien à voir, donc, avec une prise de position sur l'homosexualité?
Non, cette attaque n'a rien à voir. Il n'y a pas de police des moeurs au FN. Parmi les cadres du parti, il y a d'ailleurs des homosexuels. Et certains ne s'en cachent pas. C'est juste un bon coup politique.
Le PS a essayé d'en profiter aussi...
Oui. Benoît Hamon
a rapidement réagi à cette polémique. Cela tend à prouver que les propos de Marine Le Pen peuvent être partagés par un grand nombre. On évoque la pédophilie. C'est un sujet qui peut choquer à droite comme à gauche. La seule chose qui me surprend, c'est que personne à l'UMP n'avait anticipé cette polémique.
Propos recueillis par Vincent Vantighem