Les militants ont approuvé largement le questionnaire portant sur la rénovation du parti, quelle analyse faites-vous du résultat?
C'est quand même un bon signe démocratique que 90.000 militants soient venus voter. Il y a deux choses qui se sont conjuguées. D'abord, il y avait beaucoup de régions où il y avait deux candidats pour choisir les têtes de liste aux régionales, ce qui facilite la mobilisation. Ensuite, les militants ont donné un mandat clair au bureau national pour mettre en place un dispositif de primaires. Maintenant il faudra que les militants se prononcent sur des mesures plus précises.
Les militants ont adopté également le non-cumul du mandat parlementaire à 70%, une mesure à laquelle vous étiez plutôt réticent...
Je n'ai jamais dit que j'étais opposé à la réduction du cumul des mandats. J'observe qu'avec la participation, un oui à 70%, ça ne fait pas 30% des militants du parti socialiste. Sur ce sujet, tout dépendra du travail qui sera fait. D'abord, la première c'est que la limitation du cumul des mandats pose des problèmes constitutionnels. Pour l'Assemblée nationale, il est logique qu'un député ne puisse pas diriger un exécutif local, puisque c'est lui qui fait la loi et qui au final a le dernier mot par rapport au sénateur. En ce qui concerne le sénat, soit on le supprime, soit il représente les collectivités locales. Et s'il représente les collectivités locales, il est logique qu'il y ait des élus locaux. Tout cela pose également la question de la démocratie. On ne peut pas demander à un vice-président d'une grande agglomération de toucher 1.500€ d'indemnités sans avoir de sécurité sociale et ayant perdu son travail.
Maintenant que le vote a eu lieu, je fais la proposition à la direction nationale de faire une proposition de loi et dire «chiche» à Nicolas Sarkozy. Je rappelle d'ailleurs que ce sont les socialistes qui ont fait voter les deux précédentes lois limitant le cumul.
Pourtant, la question inclut bien les sénateurs dans la réduction du cumul des mandats...
Il y a beaucoup d'élus socialistes qui pensent qu'on ne peut pas mettre sur le même pied les députés et les sénateurs. J'espère que le PS en tiendra compte.
Qu'avez-vous voté à cette question?
J'ai voté oui à cette question, sous les conditions que je viens de vous dire. Il y avait un espace dans le questionnaire prévu pour cela.
Vous êtes élu à la fois au Sénat et à la mairie de Dijon, quel mandat abandonneriez-vous?
Pour mon cas, la première élection à se présenter sera la municipale, en 2014. D'ici là, de l'eau coulera sous les ponts. Et en 2014, je serai candidat à la mairie de Dijon. Peut-être que le parti socialiste tiendra compte que pour être élu sénateur, il faut un mandat local. On n'est pas élu au scrutin uninominal dans un territoire qui compte 700 communes - c'est le cas pour moi -sans cela.