INTERVIEW - Le secrétaire d’Etat à l’Emploi décrypte les annonces de Nicolas Sarkozy...
Pourquoi un deuxième plan jeunes était-il nécessaire?
Pour ne laisser personne au bord de la route, les décrocheurs du système scolaire, comme les jeunes déjà lancés dans la vie active.
Comment expliquez-vous les difficultés d’insertion des jeunes?
Notamment parce que l’on n’a pas assez misé sur les formations en alternance dans notre pays. Ce sont pourtant des cursus concrets, répondant aux besoins des entreprises, qui débouchent dans 70 % des cas sur un CDI.
Comment comptez-vous les développer?
Nous allons réunir des ateliers sur l’apprentissage qui se tiendront au niveau national et régional et rassembleront des apprentis, des entreprises, des centres de formation… Ils réfléchiront aux moyens de mieux orienter les jeunes vers l’apprentissage, de trouver plus facilement des entreprises d’accueil pour eux, de développer cette formule dans tous les cursus ainsi que dans la fonction publique… Un plan d’action pour la relance de l’apprentissage sera ensuite présenté au Président d’ici décembre. Parallèlement, un portail pour mettre en rapport les jeunes et les entreprises verra bientôt le jour.
Les conditions réservées aux jeunes de moins de 25 ans pour bénéficier du RSA ne sont-elles pas un peu trop strictes pour pouvoir toucher beaucoup d’entre eux?
Nicolas Sarkozy a décidé de miser sur des dispositifs liés à l’emploi, mais
pas sur un système d’assistanat en instaurant un RMI pour les jeunes. Le but avec le RSA est d'aider les jeunes qui travaillent.
Quand cette mesure sera-t-elle effective?
Elle sera appliquée dans le courant de l’année 2010.
Par ailleurs cette aide ne bénéficiera pas aux jeunes qui ne parviennent pas à accéder à un premier emploi faute d’expérience. Qu’est-il prévu pour eux?
Les jeunes n’ont pas besoin d’une prime en guise d’aumône, mais bien d’aide pour trouver un emploi.
Comment comptez-vous par exemple aider les jeunes diplômés issus des filières généralistes universitaires offrant peu de débouchés, qui semblent oubliés dans ce plan?
Depuis trois semaines, nous avons mis en place à leur intention des formations «commandos» afin de se réorienter vers des métiers porteurs. Le titulaire d’une licence de psychologie pourra par exemple suivre une formation rémunérée de 8-9 mois dans le domaine commercial. Environ 50.000 jeunes devraient bénéficier de ces formations d’ici à la fin juin 2010.
Recueilli par Delphine Bancaud