Sarkozy réélu de justesse en 2012, Royal gagne les législatives ensuite?

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Publié le 25 septembre 2009.

POLITIQUE - C'est le thème du livre de fiction écrit par le journaliste politique Pierre-Luc Séguillon...

Quand l'ancien rédacteur en chef de TF1 s'essaie à la fiction politique, il ne fait pas dans le détail. Dans 2012: la revanche (ed. Gutenberg),  Pierre-Luc Séguillon détaille un scénario incroyable mais finalement pas impossible: celui qui verrait la réélection de Nicolas Sarkozy d'un cheveu en 2012... puis aux législatives la victoire in extremis de la gauche emmenée par Ségolène Royal. Le tout amenant Nicolas Sarkozy à dissoudre et proposer un référendum pour changer les institutions. Une situation de cohabitation «qui n'est pas prévue par les consitutionnalistes mais qui peut arriver», explique Pierre-Luc Séguillon. Au cours du livre, il détaille les circonstances qui amèneraient à cette sorte d'apocalypse institutionnelle.

Aubry candidate à l'arraché. Selon le scénario élaboré par Pierre-Luc Séguillon, Martine Aubry remporte les primaires socialistes avec... 212 voix d'avance au second tour face à Ségolène Royal. Dominique Strauss-Kahn et Bertrand Delanoê ne se sont pas présentés, tandis que François Hollande et Laurent Fabius ont échoué au premier tour de la primaire. Sauf que les sondages sont mauvais, et la donnent au coude à coude avec François Bayrou. Et que patatras, Ségolène Royal attrape - mais guérit - de la grippe A au moment du congrès d'intronisation de Martine Aubry, congrès qui se retrouve relégué aux second plan.

Royal candidate aussi. Suite à sa courte défaite, Ségolène Royal crée le «Parti socialiste participatif», et décide de se présenter elle aussi à la présidentielle. «Ce parti est le vrai parti des socialistes, le parti participatif, votre parti», dit-elle dans un meeting du Zénith en décembre 2011. Une hypothèse crédible? «Je ne suis pas là pour prédire l'avenir, explique Pierre-Luc Séguillon. La tentation a pu exister, elle pourrait revenir. Cela dépend bien sûr des circonstances, et si aux primaires elle a le sentiment qu'on lui vole sa victoire. Ele croit beaucoup en son destin, et fera tout pour rester dans la course.»

Les médias et le pouvoir. «Ce ne ce serait pas passé comme ça de ton temps. Hein? Jean-Claude!», dit Nicolas Sarkozy à Jean-Claude Dassier, ancien de TF1, pour se plaindre dune trop grande couverture des socialistes par le 20h de la chaîne. Ancien rédacteur en chef de TF1, Pierre-Luc Séguillon assume des ressemblances qui ne doivent rien au hasard: «la parabole reconduit vers la réalité. Jai vu le directeur de LCI s'estimant co-responsable de la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007.»

Le ticket Royal-Aubry. Finalement, la campagne d'Aubry patine, et la maire de Lille «lassée de parler chaque soir devant des salles de plus en plus dégarnies», finit par accepter de rencontrer Ségolène Royal, qui la devance dans les sondages, tandis que François Bayrou poursuit son ascension. Les deux femmes finissent par conclure un ticket: Royal prendra Aubry pour premier ministre si elle est présidente.

Sarkozy l'emporte sur le fil. Finalement, Ségolène Royal, pour quelques milliers de voix, finit par arriver au second tour, après avoir convaincu Martine Aubry de faire un «ticket». Lors du débat d'entre deux-tours elle s'en prend vivement à Nicolas Sarkozy: «vous n'aimez pas les femmes» lui lance-t-elle, citant les cas de Rachida Dati, Christine Boutin et Nathalie Kosciuzko. Mais cela ne suffit pas: le ministre de l'Intérieur Eric Besson annonce une victoire de Nicolas Sarkozy avec... 50,07%.  «Ce soir nous touchons presque au but», lance Ségolène Royal, qui prend date pour les législatives.

Royal gagne les législatives, Boutin et Dati ministres d'ouverture. Finalement, la gauche l'emporte de cinq sièges aux législatives. A Bastille, où la gauche a organisé une fête, c'est la liesse. Ségolène Royal propose à Nicolas Sarkozy... un gouvernement 100% féminin. «C'est vrai que ce serait un peu curieux, mais la situation inverse n'a jamais choqué personne» répond Pierre-Luc Séguillon. Cerise sur le gâteau, Christine Boutin et Rachida Dati sont ministres d'ouverture.  «Mais enfin Ségolène, tu te fous de moi!» lui lance Nicolas Sarkozy.

Le blocage. Transformation de la parade du 14 juillet en fête folkorique, retour aux 40h hebdomadaires, réquisition de personnels religieux pour la réinsertion des détenus, le président de la république accepte tout, contraint et forcé. Sauf l'annulation du travail le dimanche, dont il refuse de signer le décret d'application.  Le blocage institutionnel est patent, poussant Nicolas Sarkozy à une dissolution, pour changer les institutions et créer un vrai régime présidentiel à l'américaine. Tel un film, le livre s'achève sur ce discours. Pourquoi ne pas l'adapter au cinéma d'ailleurs? «Il faudrait aller vite», s'amuse l'auteur. Sans compter que le titre 2012 est déjà pris. Un film catastrophe.
Emile Josselin
2012: la revanche, de Pierre-Luc Séguillon, édition Gutenberg. 19€.
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