POLITIQUE - Les auteurs du livre «Hold-uPS, arnaques et trahisons» ont refusé une confrontation...
Ils «ont fait leur boulot, avec beaucoup d'éléments et d'infos. L'enquête est finie.» L'éditeur des deux auteurs du livre
Hold-uPS, arnaques et trahisons s'est montré ferme ce mercredi. Yves Derai, directeur des Editions du Moment, a indiqué que les deux journalistes n'avaient pas l'intention de participer à une quelconque confrontation avec le Parti socialiste en présence de journalistes.
Cinq proches de la première secrétaire du PS (Claude Bartolone, Christophe Borgel, Jean-Christophe Cambadélis, François Lamy et Christian Paul) ont proposé à Antonin André (Europe 1) et Karim Rissouli (Canal+) «d'organiser sans délai une confrontation devant des journalistes». Ils entendaient ainsi démontrer «point par point que les allégations et accusations portées par ce livre sont mensongères». Le livre
remet en cause les résultats du congrès de Reims, affirmant que des fraudes auraient été commises lors du vote pour désigner le premier secrétaire du parti.
«Une idée saugrenue»
«C'est une idée saugrenue», a réagi Yves Derai. «Il n'est pas question qu'ils [les auteurs] aillent devant une sorte de tribunal rue de Solferino, avec des confrères journalistes pris comme juges», a-t-il ajouté.
Un avis partagé par Jean Castelain, avocat spécialiste du droit des médias, joint par 20minutes.fr. «Ce procédé est d'une curieuse originalité. Si le parti veut contester les affirmations de ce livre, il lui appartient de saisir les tribunaux dans les conditions de la loi.» La procédure est simple. «Ceux dont l'honneur et la réputation sont mis en cause, qu'il s'agisse d'une personne physique ou d'une personne morale, sont fondés à agir en diffamation pour obtenir réparation du préjudice moral», explique-t-il. Dans le cadre de cette procédure, les journalistes peuvent faire valoir «l'exception de vérité» ou leur «bonne foi», en défendant le travail d'enquête mené, quitte à produire des preuves tout en protégeant leurs sources.
Dans une déclaration publiée sur son site Désirs d'avenir mardi soir, Ségolène Royal a appelé Martine Aubry à mener «une action contre les auteurs» de l'ouvrage polémique, si les fraudes dénoncées sont fausses. A l'inverse, elle a réclamé des sanctions contre les fraudeurs si les faits sont avérés.
C. F. avec agence