Quand l'UMP cafouille pour justifier les propos de Brice Hortefeux

Publié le 11 septembre 2009.

DECRYPTAGE - Clichés, Arabes, Auvergnats... mais de qui parlait-il vraiment?

Les propos de Brice Hortefeux lors de l’université d’été des jeunes populaires, à Seignosse, le week-end dernier ne cessent d’être décortiqués. Les explications se suivent mais ne se ressemblent pas.

1- Il ne parle pas des Arabes mais des clichés


Dans un communiqué de presse envoyé jeudi aux médias, le ministère de l'Intérieur «dénonce une vaine et ridicule tentative de polémique». Il donne une autre interprétation de la phrase prononcée par Brice Hortefeux («quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes»), qui ferait en réalité «référence aux très nombreux clichés qu'il venait de prendre avec la délégation auvergnate». Le ministère précise que «pas un seul mot de Brice Hortefeux ne fait référence à une origine ethnique supposée d'un jeune militant».

2- Il ne parle ni des Arabes, ni des clichés mais des Auvergnats


Un peu plus tard, sur RTL, Brice Hortefeux livre une nouvelle version des faits. «Il y a dans ma bouche aucune référence à une origine ethnique, maghrébine ou arabe», précise-t-il. «Dans une Université d'été, on prend énormément de photos, et je me dirigeais vers la sortie, lorsqu'après avoir pris beaucoup de photos, notamment avec la délégation auvergnate, un jeune m'arrête et me demande une photo. Quelqu'un dans le public fait des commentaires disant que l'Auvergne était très pressante puisque je venais de prendre des photos avec la délégation». Selon lui, les propos incriminés concerneraient donc «les Auvergnats».

3- En fait, il parlait à une autre personne, hors champ

Contacté par France Info, le jeune militant Amine explique que la phrase est sortie de son contexte: « il ne s'adressait pas du tout à moi, mais à une autre personne et sur un autre sujet».

4 - Ah ben si, c’était bien sur les photos

Mais sur RTL, il déclare que la phrase faisait référence aux photos que le ministre venait de prendre. «Cette phrase («quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes»), elle était par rapport au nombre de photos et de clichés pris dans la journée».

5- En fait, c’est pas la même conversation

Pour le jeune militant Amine, présent sur la vidéo, «c'est deux discussions parallèles et on essaie d'en faire un même sujet». Dans côté une militante UMP parle des origines arabes du jeune homme, de l’autre Brice Hortefeux parle avec Jean-François Copé. «Une dame rigolait avec une amie à moi et a dit "il mange du cochon et il boit de la bière" - et ça ne me dérange pas du tout - . La discussion entre moi et les ministres n'a jamais tourné autour de mes origines, cette dame parlait derrière, ce qui a créé la confusion».

6- Si on reprend le verbatim, difficile de croire qu’il parle des clichés ou des Auvergnats...


- Jean-François Copé (s'adressant à Amine): N'oubliez jamais un truc: il est Auvergnat, il est Auvergnat. C'est un drame, c'est un drame.
- Brice Hortefeux: ... enfin bon, je vais faire une exception.
- Amine: (indistinct) ... je me mets entre les deux...
- Jean-François Copé: Oui, parce que moi il n'y a aucun problème. Moi je suis très facile
- Les militants: Amine, Amine, bravo
- Une voix d'homme: Ah ça, c'est l'intégration, c'est l'intégration
- Une voix de femme: Amine, franchement
- Une voix d'homme: il est beaucoup plus grand que nous en plus, lui il parle arabe
- Jean-François Copé: Ne vous laissez pas impressionner, c'est des socialistes infiltrés
- Une voix de femme: il est catholique, il mange du cochon et il boit de la bière
- Amine: Bah oui
- Brice Hortefeux: il ne correspond pas du tout au prototype alors. C'est pas du tout ça.
(Rires de l'assemblée)
- Une participante: C'est notre petit Arabe.
- Brice Hortefeux: Il en faut toujours un. Quand il y a en a un, ça va. C'est quand il y a en a beaucoup qu'il y a des problèmes
- Amine: ... (indistinct) ...
- Brice Hortefeux: Allez bon courage, hein
- Amine: Merci

7- La vidéo de Public Sénat met à mal les versions de Brice Hortefeux et de l'UMP

Ce vendredi, la chaîne a décidé de diffuser ses images brutes, après une vive polémique entre journalistes et direction, qui avait décidé de ne pas les passer sur son antenne.

On entend les propos du ministre juste après une voix féminine disant «c'est notre petit arabe».

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O.R.
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