- C.PLATIAU / REUTERS

C'est une controverse dont le ministère de l'Intérieur se serait bien passé. Lemonde.fr a publié ce jeudi une vidéo compromettante de Brice Hortefeux, prise lors du campus des Jeunes Populaires, à Seignosse.

On y voit le ministre prendre la pose aux côtés de Jean-François Copé et d'Amine, un militant UMP. Une autre militante qui passe par là s'exclame, parlant d'Amine: «Il mange du cochon et il boit de la bière». Là-dessus, le ministre de l'Intérieur rétorque: «Il ne correspond pas du tout au prototype...» avant d'ajouter: «Il en faut toujours un. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.»



«Sorti de son contexte»

Dans un communiqué de presse, le ministère de l'Intérieur «dénonce une vaine et ridicule tentative de polémique». Il donne une autre interprétation de la phrase prononcée par Brice Hortefeux («quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes»), qui ferait en réalité «référence aux très nombreux clichés qu'il venait de prendre avec la délégation auvergnate». Le ministère précise que «pas un seul mot de Brice Hortefeux ne fait référence à une origine ethnique supposée d'un jeune militant».

Sur RTL, Brice Hortefeux s'est justifié, allant dans le même sens que le communiqué: «Il y a dans ma bouche aucune référence à une origine ethnique, maghrébine ou arabe», précise-t-il. «Dans une Université d'été, on prend énormément de photos, et je me dirigeais vers la sortie, lorsqu'après avoir pris beaucoup de photos, notamment avec la délégation auvergnate, un jeune m'arrête et me demande une photo. Quelqu'un dans le public fait des commentaires disant que l'Auvergne était très pressante puisque je venais de prendre des photos avec la délégation». Selon lui, les propos incriminés concerneraient donc «les Auvergnats». Brice Hortefeux précise ensuite «certains cherchent parfois la polémique à tout prix».

Le jeune militant reprend les arguments du ministre pour le défendre

Des propos repris à son compte par l'intéressé lui-même: «Cette vidéo a été détournée de son contexte», a également indiqué Amine, qui assure avoir «pris lui-même l'initiative» de contacter l'AFP «pour faire taire toute la polémique». «Il (Brice Hortefeux, ndlr) avait pris des photos avec des Auvergnats avant, et moi je lui en rajoute une de plus: c'est ça qu'il voulait dire», a affirmé Amine.

«Une dame rigolait avec une amie à moi et a dit "il mange du cochon et il boit de la bière" -et ça ne me dérange pas du tout- . La discussion entre moi et les ministres n'a jamais tourné autour de mes origines, cette dame parlait derrière, ce qui a créé la confusion», a-t-il expliqué. Pour lui, «c'est deux discussions parallèles et on essaie d'en faire un même sujet».

Réactions à gauche, rien à droite

A gauche, les réactions ne se sont pas faites attendre, réclamant notamment la démission et des excuses de la part du ministre de l'Intérieur.

Pas de réaction en revanche du cabinet de Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, qui était présent au moment où cette vidéo a été tournée. Sur son profil Facebook, Alexandre Coutant, ancien responsable du pôle Web de la campagne européenne UMP, a posté le lien vers la vidéo sur son profil, sans y ajouter de commentaire. De même, le service de presse des Jeunes Populaires, joint par 20minutes.fr indique que Benjamin Lancar, leur chef de file, ne souhaite pas communiquer sur le sujet.

Pas le premier dérapage


De son côté, Le Mouvement des Jeunes Socialistes (MJS) a immédiatement réclamé la démission du ministre de l'Intérieur. «Ce comportement et ces propos sont indignes d’un ministre de la République. Monsieur Hortefeux ne doit pouvoir s’en tirer avec de simples excuses. Il doit remettre sa démission», affirme le MJS sur son site Internet, demandant également des explications à Jean-François Copé, «témoin et acteur de la scène».

Ce n'est pas la première fois que Brice Hortefeux dérape. En présentant, jeudi 15 janvier, Fadela Amara, devenue sa nouvelle collaboratrice à l'occasion d'un mini-remaniement gouvernemental, Brice Hortefeux s'est senti obligé de «préciser» que celle-ci était une «compatriote», ce qui, selon lui, «n'est pas forcément évident». Voilà donc une nouvelle vidéo polémique du ministre, qui affirmait, dans un article publiée ce jeudi dans Le Figaro, au sujet de la vidéosurveillance «si vous n'avez rien à vous reprocher, vous n'avez pas à avoir peur d'être filmé.»

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