La verte Cécile Duflot dans le chaudron socialiste de La Rochelle

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Publié le 30 août 2009.

POLITIQUE - Invitée samedi de l'Université d'été du PS, elle n'a pas fait de cadeaux aux socialistes...

C'était l'invitée de marque de La Rochelle. Auréolée du succès de son parti aux européennes, la secrétaire générale des Verts Cécile Duflot a honoré sa réputation de franchise. Il ne lui a pas fallu longtemps. Dès le début de son discours, elle s'étonne: «Pour un parti qui a fait parité, ça fait bizarre d'être la seule femme à la tribune», remarque-t-elle, entourée de Bertrand Delanoë, Benoît Hamon, Christian Paul, Jean-Baptiste Prévot, le président de l'Unef. «C'est parce qu'ils sont aussi intelligents que des femmes que vous les avez choisis», s'amuse-t-elle. Le décor est posé.

Elle a appellé ses camarades socialistes à «arrêter de croire aux fétiches fabriqués pendant la révolution industrielle». Et elle attend d'eux «un premier geste de taille: dénoncer le projet d'aéroport Notre-Dame des Landes», entre Nantes et Rennes, soutenu par les socialistes locaux. Cécile Duflot a d'ailleurs demandé à «ne pas laisser la main à ceux qui à gauche ne prennent pas la mesure de la crise». Elle s'est permis une pointe d'ironie sur l'importance prise dans le discours socialiste par l'écologie après les européennes: «Je sais bien que tout le monde est écologiste» a-t-elle lâché, s'attirant les sifflets de la salle, accueillante mais pas à ce point là. «J'aurais pu rester dans mon coin, répond-t-elle au public. Nous ne sommes pas obligés de céder à la démagogie et au chacun pour soi.»

«Sympas mais pas crédibles»

Elle a toutefois rappelé le «défi» pour la gauche: «Un projet qui soit au 21e siècle celui qui portera l'espérance.» Et pour cela, avertit Duflot, «il ne suffit pas de se réveiller après les européennes». Sans les citer nommément, elle pointe la tendance des socialistes à considérer les écologistes comme «sympas mais pas crédibles». Sur la question des alliances, elle réfute le «mécano» électoral, et préfère parler du projet.

Et il y a déjà au moins un sujet de discussion. Le vendredi, Ségolène Royal avait stigmatisé la taxe carbone «injuste». Tout comme Martine Aubry l'a fait dans son discours ce dimanche. Un rejet qualifié samedi par Cécile Duflot de «démagogie». «Demain ce seront les prolos qui paieront la facture la plus lourde» si rien n'est fait, répond la secrétaire générale des Verts, bien décidée à faire respecter le rapport de force né des élections européennes.
Emile Josselin, à La Rochelle
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