POLITIQUE - Martine Aubry va se prononcer sur la question ce week-end à La Rochelle...
Martine Aubry devra finalement se prononcer sur la question des primaires ouvertes aux sympathisants. Ou à tout le moins sur le calendrier. Benoît Hamon l'a assuré ce lundi sur France 2, la première secrétaire «dira à La Rochelle» si elle est d'accord pour lancer ce processus.
Le débat sur le mode de désignation du candidat de la gauche a pris de l'ampleur cet été, et beaucoup de socialistes ont fini par embrasser ce nouveau dogme. Revue de détail des pratiquants, de longue date ou fraîchement convertis.
Les apôtres. Montebourg, Guérini, Valls, Moscovici, Cambadélis, Royal, Rebsamen, Peillon: ils sont nombreux à avoir pris leur bâton de pèlerin pour évangéliser leurs camarades socialistes. Guérini et Valls d'un côté, Montebourg, Moscovici et Cambadélis de l'autre en ont chacun fait un de leurs thèmes de campagne dans les contributions qu'ils ont déposées pour le congrès de Reims. Certains, comme Arnaud Montebourg, rédacteur d'un rapport sur le sujet, ont parfois eu l'impression de prêcher dans le désert: le député de Saône-et-Loire a même
menacé de quitter le parti.
Les convertis. Laurent Fabius est un des derniers à s'être prononcé: il a qualifié cette méthode d'«inévitable». Un terme à l'enthousiasme mesuré, qui reflète bien le long chemin parcouru par l'ancien Premier ministre. C'est que les fabiusiens, un des derniers courants organisés du Parti socialiste, étaient franchement hostiles sur le principe qu'ils considéraient comme une question secondaire. Un de ses lieutenants ironisait à La Rochelle l'été dernier: «Avec Laurent Fabius, nous avons une doctrine sociale et économique, mais nous n'avons pas de doctrine sur les primaires.» Henri Weber, considéré comme l'idéoLogue du courant, va même
plus loin lors d'une débat avec Arnaud Montebourg, organisé par Terra Nova: «Le type qui se réveille le dimanche matin et qui décide d'aller voter parce qu'il en a entendu parler, ce n'est pas un vote éclairé», lance-t-il.
Bertrand Delanoë, lui aussi plutôt hostile au départ, a amorcé un virage: «Je crois effectivement qu'il faut ouvrir les portes et les fenêtres et inviter tous les citoyens de gauche». Avec toutefois une objection: «Il faut être simple parce que ce qu'avait proposé Arnaud Montebourg était un peu compliqué», a noté le maire de Paris.
Les sceptiques. Les proches de François Hollande restent encore peu convaincus par la méthode. Le motif? Les militants socialistes pourraient se sentir dépossédés de leur choix.
Restent tout de même à trancher quelques controverses d'ampleur entre les fidèles: qui pourra voter, et quels partis y participeront...
E.J.
Une primaire, de quoi parle-t-on au juste?
Des primaires ont eu lieu de 2006 pour la désignation du candidat à al présidentielle: Ségolène Royal, Domnique Strauss-Kahn et Laurent Fabius y ont concouru. Mais elles n'étaient ouvertes qu'aux militants socialistes, et ne concernaient que le PS.
Pour 2012, le débat porte sur deux élargissements du concept. D'une part sur les personnes qui pourraient voter. Et d'autre part, le nombre de partis qui pourraient prendre part au processus