POLITIQUE - PS, PRG et pourquoi pas jusqu'au MoDem...
Aux journées d’été des Verts et d’Europe écologie, à Nîmes, de jeudi à samedi, on cherche à réinventer le rassemblement. Forts de leur succès aux élections européennes en juin dernier, ceux qui se définissent comme un «réseau» - et non un parti - veulent désormais l’étendre et lui faire prendre de l’ampleur. Daniel Cohn-Bendit, José Bové, Eva Joly, Cécile Duflot: ils sont tous là pour en parler. Un sujet qui passionne les militants puisque la séance plénière jeudi soir a fait le plein dans l’amphi, et qu’elle était encore retransmise en vidéo dans deux autres lieux.
Des valeurs de gauche Fondamentalement, les Verts et Europe écologie sont héritiers des valeurs de la gauche. Cécile Duflot, secrétaire nationale du parti écologiste le rappelle: «Justice sociale, égalité, partage des richesses sont intrinsèquement des valeurs écologiques.» Reste maintenant à savoir jusqu’où aller dans le rassemblement. Parmi les invités d’Europe écologie, ce jeudi soir, on retrouve Christiane Taubira, du PRG, qui, si elle avait appelé à voter EE aux européennes est désormais fortement pressentie pour rejoindre le rassemblement. «Je suis désespérée par l’état de la gauche. C’est ici que ça bouge, qu’il y a le débat»,
affirme-t-elle.
Autre figure importante: Eric Loiselet, le co-animateur du pôle écolo du Parti socialiste. Viendra, viendra pas? La question n’est pas encore tranchée, car parmi le pôle écolo, beaucoup sont très attachés au PS. Néanmoins Eric Loiselet l’affirme: idéologiquement, il se sent très proche d’Europe écologie.
Côté gauche de la gauche, pas d’invité ce jeudi soir, mais un peu plus tôt une représentante de la CGT participait aux débats. Pour José Bové, le combat écologiste touche tout le monde: «Il n’y a plus de différence entre ceux qui ont peur de la fin du mois et ceux qui ont peur de la fin du monde». Et vers la droite? Tous les mouvements écologistes sont les bienvenus. Et Daniel Cohn-Bendit, qui veut «changer la gauche et défier la droite sur son terrain» l’affirme: «s’il faut y aller avec le MoDem, on ajoute le MoDem, et s’il faut ajouter les autres, on les ajoute, parce qu’ils ont des idées! Ça fait partie de la société française, merde! Vous voulez avoir une majorité ou vous voulez avoir raison? Il faut aller chercher les gens là où ils sont et non là où vous êtes!»
Jusqu’où aller pour garder cohérence et unité? C’est ce que Dany - celui qui fait peur au PS, selon
Libération - et ses amis vont devoir encore définir. Cécile Duflot, elle, ne veut pas «demander si vous aller rejoindre Europe écologie», mais appelle plutôt à «faire ensemble» ce nouveau réseau. «C'est simple, ce n'est pas écrit. Il y a urgence, il faut répondre à la crise. On n'a pas la solution. Mais il faut essayer. Se mettre autour de la table et essayer. Personne ne va rejoindre personne. On inventera au quotidien ensemble. Et peut-être, peut-être, on gagnera.»
Oriane Raffin