L'union de la droite est-elle possible?

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Publié le 18 août 2009.

POLITIQUE - Alors que Philippe de Villiers rallie le rassemblement de l'UMP en vue des régionales, des voix s'élèvent et s'inquiètent...

Annoncé la semaine dernière, le ralliement de Philippe de Villiers au Comité de liaison de la majorité présidentielle fait des remous. Christine Boutin, présidente du Parti chrétien-démocrate, l’a martelé: «Je pense qu’il y a des limites aux choses. A force de tendre la corde, elle finira par rompre.»

L’UMP est fragile

Néanmoins, l’union des droites pourrait s’avérer payante. Pour Frédéric Dabi, directeur du département opinion publique de l’IFOP, joint par 20minutes.fr, «électoralement, c’est plutôt une bonne chose, car on a vu lors des élections récentes que l’UMP est fragile.» En effet, si ses scores au premier tour sont généralement honorables, «elle n’a pas de réserve de voix au deuxième tour».

Il s’agit donc pour le parti de Nicolas Sarkozy de se mettre en rang de bataille pour tenter de récupérer les régions, qui, à part l’Alsace, sont toutes entre les mains de la gauche.

Qu’y -a-t-il, alors, derrière ce rapprochement?

«L'idée est de constituer le rassemblement le plus large possible et d'être le plus tôt possible dans une logique d'union» en vue des prochaines échéances électorales, a expliqué Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP, qui insiste: il ne s’agit pas de créer un seul grand parti de droite. Façon de rassurer ses ouailles en affirmant que «Philippe de Villiers n'adhère pas à l'UMP: il va rejoindre le comité de la majorité qu'anime Jean-Claude Gaudin».

Ce comité, pensé à l’issue des élections municipales de 2008, n’est effectif que depuis le 30 juin dernier. Objectif de ce rassemblement, sous la houlette du maire de Marseille: réunir largement la droite pour faire bloc contre le Parti socialiste, un peu sur le modèle de la Gauche plurielle des années Jospin. C’est ce qu’a défendu, ce mardi sur France Info, Jean-Claude Gaudin: «On veut se rassembler, on veut s’unir».

Plus compliqué idéologiquement?

En revanche, note Frédéric Dabi, «idéologiquement, ça peut poser problème. Il faut voir quelles sont les différentes positions sur l’Europe». Il n’est pas certain que se réunir autour d’un ennemi commun, le PS, suffise.

Autre point de tension: la répartition des sièges. Christine Boutin commence déjà à y penser: «En ce qui concerne le Parti chrétien-démocrate, je n’accepterai pas de ne pas avoir au moins 40 élus aux régionales». Rassemblement, donc, mais compétition, toujours. La bipolarisation de le vie politique française est encore loin d’être effective.
O.R. avec M.D.
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