Le Conseil d’Etat l’a déclaré inéligible, mais Serge Dassault garde son pouvoir et son influence à Corbeil-Essonnes, et prépare consciencieusement les prochaines élections municipales. Après avoir obtenu le retrait de la candidature de l’UMP Xavier Dugoin, Serge Dassault pourrait «placer son homme de confiance, Jean-Pierre Bechter», selon lexpress.fr. Le patron du «Figaro» a aussi annoncé dans les colonnes du supplément Essonne du «Parisien» que si la liste qu’il soutient passait, il serait «directeur de cabinet».
Le 8 juin dernier, le Conseil d’Etat avait invalidé les élections de mars 2008, au motif que Serge Dassault aurait effectué des «dons d’argent». L’avionneur, maire UMP de Corbeil depuis 1995, est par la même occasion déclaré inéligible, la ville gérée par une délégation menée par le préfet, et des élections municipales prévues à l’automne 2009.
Quelques jours après la décision du Conseil d’Etat, Xavier Dugoin, maire UMP de Mennecy (ville voisine de Corbeil) annonce qu’il a l’intention de présenter sa candidature aux élections municipales. Et fait savoir qu’il envisage de se présenter même sans l’investiture de son parti.
Mais le maire de Mennecy fait volte-face. Samedi, dans un communiqué, il annonce qu’il renonce à sa candidature. Il justifie son revirement en expliquant que Serge Dassault a «souhaité que le ou la candidate qui conduira sa liste soit directement issu de Corbeil-Essonnes», ce qui n'est pas son cas. Il ajoute qu’il ne souhaite pas être «un facteur de division» et appelle ceux qui le soutenaient à «se mettre en ordre de marche derrière Serge Dassault».
Le maire de Mennecy serait surtout parvenu à poser certaines conditions à son départ. Joint par 20minutes.fr, Xavier Dugoin confirme avoir obtenu le soutien de Serge Dassault pour les élections cantonales de 2011 en échange du retrait de sa candidature aux élections municipales. Il assure qu’il ne se retirera pas pour autant de la vie politique de Corbeil-Essonnes. «J’organiserai la campagne aux côtés de Serge Dassault», assure-t-il, tout en précisant qu’il s’est avant tout retiré pour ne pas être «le fossoyeur de la droite» en présentant une deuxième liste de droite. «J’ai préféré un bon accord qu’une mauvaise guerre», conclut-il.
A gauche, on s’insurge contre cette situation. Le communiste Bruno Piriou, qui avait perdu au deuxième tour des élections municipales de 2008 à 170 voix près, juge incompréhensible ce qu’il appelle un «tripatouillage politique». «La façon dont la droite choisit ses candidats est à mille lieux des attentes des citoyens», explique-t-il à 20minutes.fr, ajoutant que ces tractations font penser que les candidats sont «interchangeables».
L’UMP n’a pas encore annoncé qui serait son candidat pour les élections dont le premier tour devrait avoir lieu le 27 septembre prochain. «Le fait de n’avoir personne en face n’aide pas à éclaircir le débat, mais nous savons que le vrai candidat de la droite sera Serge Dassault», explique Bruno Piriou. Et de conclure: «en fin de compte, nous allons rejouer les élections de mars 2008».