BUDGET - Le député publie sur son blog la façon dont il dépense chaque mois ses 5.838 euros...
Alors que les députés britanniques se remettent difficilement du
scandale des notes de frais, certains de leurs homologues français ont décidé de jouer la transparence. René Dosière (app-PS), qui épluche le budget de l’Elysée depuis les années Chirac, a décidé de s’attaquer au sien. Dans un
document de 9 pages, le député de l'Aisne indique et commente ses principaux postes de dépenses.
Au cours de l'année 2008, René Dosière dit ainsi avoir dépensé en moyenne 5.482 euros de frais parlementaires tous les mois, dont 843 de frais de déplacement, 300 pour l'hôtel à Paris, 880 pour la restauration ou 21 pour le coiffeur de l'Assemblée. Avec les 356 euros restant, il explique avoir réglé sa «participation au fonctionnement du groupe socialiste», comme le fait chaque député PS.
Les sommes prévues pour la rémunération des collaborateurs: «insuffisantes»
Selon le
site de l’Assemblée nationale, chaque député reçoit tous les mois 9.021 euros pour rémunérer ses collaborateurs (jusqu’à 5) et 5.838 euros «pour faire face aux diverses dépenses liées à l'exercice de leur mandat». Il s’agit d’une somme forfaitaire, appelée «indemnité représentative de frais de mandat» (IRFM) et qui n’est soumise à aucun contrôle.
Pour le député, les 9.021 euros prévus pour la rémunération de ses collaborateurs sont «insuffisants». «Pour assurer un salaire correct, je prélève un crédit complémentaire sur l'IRFM», explique-t-il.
Une démarche imitée
En conclusion, René Dosière revient sur le but de sa démarche. «L'exercice d'un mandat parlementaire occasionne des frais importants et divers qui justifient l'existence d'une IRFM. Le détail des dépenses permet de constater que ces sommes ne sont pas excessives».
Une démarche qui a d’ailleurs fait des émules. Jean-Jacques Urvoas, député socialiste du Finistère a lui aussi décidé de
détailler ses dépenses sur son blog. On apprend par exemple qu’il rembourse chaque mois 950 euros à l'Assemblée qui lui a consenti un "prêt d'honneur" pour acheter une permanence à Quimper. Ce qui provoque les commentaires mi-amusés, mi-indignés, de la part des internautes.
E.L. avec agence