Quand Martine Aubry cherche à asseoir son autorité

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Publié le 17 juillet 2009.

DECRYPTAGE - En envoyant sa lettre à Manuel Valls, la maire de Lille a rappelé qu'elle était la première secrétaire du parti, quitte à brouiller...

Une relation épistolaire qui en dit long. Ou plutôt qui cache des enjeux beaucoup plus importants. En adressant une lettre ouverte à Manuel Valls, mardi, Martine Aubry a semé le trouble dans les rangs socialistes. Et au premier rang, le principal intéressé qui n'a pas manqué de se défendre dans une autre lettre publiée le lendemain sur son blog.

«C'est le moment de vérité. Je te demande me faire part de ton choix dans les jours qui viennent. On n’appartient pas à un parti pour s’en servir, mais pour le servir», écrit la première secrétaire du PS.

Pourquoi cet ultimatum?

«Derrière cette lettre, il y a la volonté de restaurer un minimum d'autorité. Aubry a bien compris qu'il y avait trop voix dans son parti et que ce n'était plus possible», explique à 20minutes.fr Rémi Lefebvre, professeur en sciences politiques à l'Université de Reims.

Autrement dit, au risque de se perdre dans des divisions, la maire de Lille préfère tenir fermement le gouvernail. Une façon de caresser les militants dans le sens du poil : «Il y a un vrai ras-le-bol des militants. [...] Il faut aussi entendre la voix du smicard qui colle des affiches et distribue des tracts et qui, après une journée entière de militantisme, rentre chez lui et voit à la télé Manuel Valls [...] cracher sur son camp», fustigeait jeudi Razzy Hammadi, secrétaire national du PS aux services publics.

Pourquoi Valls?

«C'est le dirigeant qui a la stratégie de communication externe la plus marquée du parti. Il a valeur de symbole médiatique. Mais en même temps, en interne, il est assez isolé car il n'a pas vraiment de soutiens forts», explique Rémi Lefebvre.

Par ailleurs, Manuel Valls s'est désolidarisé de Ségolène Royal. En s'en prenant au député-maire d'Evry (Essonne), Martine Aubry se met donc à l'abri d'éventuelles critiques lui reprochant de s'attaquer au courant royaliste.

Changement de voie?

Depuis sa désignation comme première secrétaire, Martine Aubry a eu à coeur de pacifier son parti et de rassembler à la direction toutes les tendances.

Ce temps-là est révolu. Désormais, elle veut mettre de l'ordre. «Cette démarche est risquée car elle passe très mal à l'extérieur, même si en interne, c'est l'avis du plus grand nombre. Mais au final, c'était inévitable», conclut Rémi Lefebvre.
William Molinié (avec agence)
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