POLITIQUE - Le député socialiste a répondu à la première secrétaire...
Et d'une deuxième lettre. Manuel Valls a pris la plume à son tour mercredi, après avoir reçu
la missive de Martine Aubry mardi soir, lui enjoignant de cesser ses critiques ou de quitter le PS. Le député-maire PS d'Evry rétorque qu'il entend «bien rester fidèle à (son) poste, à (sa) famille politique et à (ses) valeurs». «Quel que soit le prix à payer, je ne me ferai pas le silencieux complice de l'aveuglement», ajoute-t-il.
«A la lecture de ta lettre, je ne te cache pas ma profonde inquiétude sur ta conception très datée du parti», s'inquiète Manuel Valls, qui qualifie le parti «de machine à perdre», pour le regretter. Il déplore le «procès d'intention» qui «relève», selon lui «au mieux de la désinformation, au pire de l'insulte».
Affirmant avoir «conscience des difficultés» du rôle de la première secrétaire et de «sa part ingrate», le député-maire d'Evry assure que «beaucoup de forces se sont alors mobilisées pour étouffer l'indispensable démarche de rénovation».
La lettre aux autres partis de gauche
«Après le désastre électoral du 7 juin dernier, je ne suis pas étonné que ces mêmes forces te demandent aujourd'hui d'imposer le silence dans les rangs», poursuit-il. «L'urgence était-elle donc telle qu'il ait fallu reprendre la plume pour masquer le cuisant échec d'une récente initiative épistolaire à l'attention des autres partis de gauche?», interroge-t-il, avant de s'étonner que Martine Aubry n'évoque pas dans son courrier le résultat du scrutin européen. «Pourquoi un tel déni? Faut-il que le désaveu ait été si cruel pour justifier un tel refoulement?»
«Je ne renoncerai donc jamais à l'ambition collective de définir un nouveau projet pour la gauche - d'autant que je suis convaincu que nous pouvons gagner en 2012 et battre Nicolas Sarkozy», assure celui qui a fait part de
son intention d'être candidat à d'éventuelles primaires au sein du PS.
Réactions des élus de gauche
Manuel Valls a reçu l'appui de plusieurs grands élus ayant soutenu, à ses côtés, la motion de Ségolène Royal lors du congrès de Reims. Parmi eux, Gerrard Colomb, maire de Lyon, s'est inquiété que l'on cherche
«à étouffer le débat». Quant à Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, il a assuré
«ne pas comprendre [la]
lettre» adressée au maire d'Evry.
Enfin, contactée par 20minutes.fr, Delphine Batho, députée des Deux-Sèvres où elle a succédé à Ségolène Royal, regrette que «les socialites s'échangent des lettres contre-productives à travers la presse publique». Elle ajoute aussi que la lettre de Martine Aubry était «une erreur», tout en assurant que «les positions de Manuel Valls [l'] exaspèrent parfois en donnant raison à la droite».
Avec agence