REVUE DE PRESSE - Les éditorialistes se montrent sévères au lendemain de la lettre adressée à Manuel Valls...
La presse nationale estime ce jeudi que la Première secrétaire, qui a grand mal à asseoir son autorité à la tête du PS, peut difficilement
exiger l'unité du parti sans avoir élaboré un projet commun.
S'il lui accorde un «panache certain», Laurent Joffrin
rappelle dans «Libération» que la première secrétaire ne saurait demander de «serrer les rangs et marcher du même pas» sans «savoir où l'on veut aller». Alors que «le bateau fait eau de toutes parts», l'éditorialiste de gauche «espère qu’une procédure inédite de désignation du candidat commun ordonnera quelque peu la drôle de guerre des chefs» au PS.
Valls «a le courage de parler vrai»
Dans le «Courrier Picard», Didier Louis
invoque l'image de «la poule et de l'oeuf»: le PS «veut mettre le projet avant le candidat mais (...) sans patron incontesté, il n'est point d'espoir de reconquête».
«L'Union», par la voix d'Hervé Chabaud, est du même avis: «A la fécondité intellectuelle prompte à dynamiter les certitudes des apparatchiks, on privilégie la préservation des vieilles lunes». Selon lui, Manuel Valls «a le courage de parler vrai» alors que Martine Aubry «peine toujours à s'imposer comme une première secrétaire de la transformation et de la modernité».
Comme lui, nombreux sont les éditorialistes à pointer la «fragile» autorité de la première secrétaire, comme André Schlecht dans
«l'Alsace». Son «autoritarisme» interne comme son appel aux autres partis de gauche «sonnent comme un aveu d'impuissance», analyse Michel Urvoy dans
«Ouest-France».
«Y a-t-il un pilote dans la maison rose»?
Même ton dans
«l'Est-Eclair», où Patrick Planchenault estime que Martine Aubry «a échoué» au PS et que son ouverture à gauche «a fait pschitt!». «Y a-t-il un pilote dans la maison rose», se demande Hervé Cannet dans «La Nouvelle République du Centre-ouest».
«Après le congrès massacre de Reims, (...) Martine Aubry n'en finit pas de ramer»,
rajoute encore Dominique Garraud dans «La Charente Libre». Elle s'attaque au «bouc émissaire idéal d'un PS à la dérive (...) par simple opportunisme», accuse-t-il. Et d'enfoncer le clou: «L'épisode Valls (...) peut préfigurer une mort lente du PS d'Epinay».
Avec agence