Motion de censure: la majorité rassemblée derrière le Premier ministre

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Publié le 8 juillet 2009.

ASSEMBLEE - Les députés UMP ont rejeté, sans surprise, la motion de censure défendue par l'ancien Premier ministre Laurent Fabius...

Le suspens était loin d'être insoutenable. La motion de censure déposée par le groupe socialiste ce mercredi à l'Assemblée n'a finalement recueilli que 225 voix, face aux 289 qui étaient nécessaires pour renverser le gouvernement.

Cette motion de censure, qui n'avait aucune chance d'aboutir, semble avoir fait le jeu de la majorité qui, en sortant de l'hémicycle, affichait un sourire de vainqueur. «Merci à la gauche d'avoir déposé cette motion de censure.» Les mots de Lionnel Lucas, député UMP des Alpes-Maritimes, étaient repris en coeur par les députés de la majorité. «Je pense que tout cela a créé des divisions internes au sein du PS», a pour sa part jugé Jean-François Copé. Le chef de file des députés UMP est allé jusqu'à proposer à certains membres de l'opposition de «rester dans leur camp tout en travaillant avec nous lorsqu'il s'agit de sujets qui relèvent de l'intérêt supérieur du pays».

François Fillon défend son bilan gouvernemental

Pendant près de vingt minutes, Laurent Fabius a défendu la troisième motion de censure de l'opposition depuis le début du mandat de Nicolas Sarkozy. D'entrée, il a précisé que cette motion n'avait «pas pour objectif de renverser le gouvernement». Le but de la démarche? Une manière détournée d'engager la responsabilité du Premier ministre devant l'Assemblée nationale, après le discours du chef de l'Etat devant le Parlement réuni en Congrès de Versailles le 22 juin dernier.

Dans sa réponse, François Fillon a défendu sa politique économique et sociale depuis deux ans. Lisant un document écrit dont il ne s‚est pas écarté une seule fois, le locataire de Matignon a aussi tenu à donner un véritable cours de droit constitutionnel et d'histoire du Parti socialiste aux députés du groupe SRC (socialiste, radical et citoyen). «Il n'a répondu à aucune de mes questions» sur l'emprunt, le report de l'âge de la retraite ou la modification du scrutin électoral, s'est emporté Laurent Fabius.  «Je n'ai entendu qu'une chose, c'est 'on ne fait rien, on continue'» ajoute Jean-Marc Ayrault, chef de file des députés socialistes.

La majorité critique la «faiblesse» du discours de Fabius

De son côté, la majorité ne parle que d'une chose: la «faiblesse» du discours de Laurent Fabius. Il «aurait dû s'abstenir de faire ce discours, juge Jérôme Chartier. Cela était tout simplement ridicule.». L'avis du député UMP du Val-d‚Oise est partagé par le centre. «Je ne peux pas dire que c'était une motion de censure enthousiasmante», confie François Bayrou dans les couloirs du Palais Bourbon alors même qu'il admet avoir voté pour. Dans l'opposition, on préfère évoquer le discours de François Fillon. «Un acharnement inconvenant et déplacé», selon Pierre Moscovici. «Le Premier ministre nous a abreuvés de sa certitude et de son mépris pour la gauche», s'indigne le député socialiste du Doubs.
E.L. avec agence
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