Nicolas Sarkozy remanie en profondeur

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Publié le 24 juin 2009.

POLITIQUE - Au menu des victimes, les femmes, la diversité et l'ouverture...

Il avait promis au départ un simple ajustement, pour remplacer les heureux ministres élus aux élections européennes. C'est finalement un remaniement en profondeur que la présidence de la République a présenté mardi: huit ministres s'en vont, huit nouveaux arrivent et neuf changent de poste. Un remaniement marqué également par un changement aux ministères clés de la Justice, de l'Intérieur, du Travail et de l'Education et l'arrivée surprise de Frédéric Mitterrand à la Culture. Comme le précédent, le gouvernement Fillon IV compte 38 ministres.
 
Et de ce ballet savamment orchestré ressortent plusieurs points. Tout d'abord, la promesse du Premier ministre François Fillon, quand il était en campagne pour la présidentielle de 2007, d'avoir un gouvernement resserré à l'anglo-saxonne est une fois de plus oubliée, tout comme son goût pour la stabilité gouvernementale (Hortefeux quitte le Travail où il était arrivé le 15 janvier).

Les femmes et la diversité oubliées
 
Tout comme la parité, qui prend un coup dans l'aile. Non seulement on passe de 25 femmes à 13, mais en plus de 7 ministres à 4 avec les départs de Christine Boutin, Christine Albanel et Rachida Dati. Une perte pour les femmes qui rappelle étrangement la disparition des «Juppettes» dans le gouvernement Juppé II de novembre 1995.

La diversité, elle, n'est pas plus à l'honneur. S'il y a désormais trois représentantes (que des femmes d'ailleurs) de la diversité (Rama Yade, Nora Berra et Marie-Luce Penchard), «il n’y a plus de ministre de plein exercice symbolisant la diversité», comme le regrette le Conseil représentatif des associations noires (Cran).

Honneur à l'écologie
 
Autre coup de frein: l'ouverture. Pas de belle prise à gauche dans ce gouvernement Fillon IV. Si les anciennes figures de gauche attrapées restent (Eric Besson, Bernard Kouchner, Jean-Marie Bockel), pas de nouvelle icône. A part Frédéric Mitterrand, dont seul le nom de famille est symbolique, ou Michel Mercier, mais qui est au MoDem et non au PS. Il faut dire que vue l'état du Parti socialiste après les européennes, le Président a du estimer qu'il n'était pas la peine de tirer sur l'ambulance. De plus, sa politique d'ouverture ne lui a pas permis d'engranger des voix à gauche.
 
Enfin, en élargissant encore le ministère de l'Ecologie à la Mer, aux Technologies vertes et aux Négociations sur le climat, Nicolas Sarkozy répond à l'ampleur du vote écologie lors des élections européennes du 7 jiun. D'autant plus que Jean-Louis Borloo conserve son titre de numero 2 du gouvernement et de ministre d'Etat. Au final, pas de coup d'éclat politique, pas de grande surprise ou de manoeuvre dans ce gouvernement qui s'ouvre surtout... aux sarkozystes.

Un remaniement en attendant un autre

De quoi resserer les rangs dans la perspective des régionales de mars 2010. Scrutin au cours duquel Nicolas Sarkozy espère bien récupérer des régions à la gauche (pour mémoire lors des précédentes régionales, l'ensemble de l'Hexagone a basculé à gauche Alsace exceptée).

Et scrutin qui devrait donner lieu à un nouveau remaniement en profondeur, puisque le Premier ministre François Fillon devrait laisser sa place. Autant dire qu'une lutte sans merci s'engage dès aujourd'hui entre les prétendants à Matignon, dont Xavier Darcos, Brice Hortefeux, ou encore Xavier Bertrand.

Clémence Lemaistre
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