Sarkozy devant le Congrès: un «discours de Premier ministre»

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Publié le 23 juin 2009.

REVUE DE PRESSE - Les éditorialistes de la presse quotidienne sont restés sur leur faim après l'intervention du Président à Versailles lundi...

Un discours «plus solennel que substantiel». C'est ainsi qu'Erik Izraelewicz, dans «La Tribune», résume la prestation de Nicolas Sarkozy devant le Parlement réuni en Congrès lundi.

«Absent du Congrès depuis un siècle et demi, le chef de l'Etat y est revenu par la petite porte», estime aussi Jean-Francis Pécresse dans «Les Echos», pour lequel «la dimension limitée de ce discours présidentiel d'un genre nouveau est assumée».  Dans «Libération», Laurent Joffrin fait chorus: «La droite elle-même ne cachait pas sa déception. Un discours inattendu par son caractère...attendu», note-t-il.

«Il n'y a plus de Premier ministre»

Nombreux sont ceux qui relèvent comme François Ernenwein dans «La Croix» que «le chef de l'État a égrené un véritable programme de gouvernement».

Rôle habituellement dévolu à celui que Patrick Apel-Muller dans «L'Humanité» décrit «sagement assis à son banc, le Premier ministre qui, selon la Constitution, “conduit la politique de la France”, écoutait, un peu absent, les consignes qui tombaient de la bouche présidentielle.»

Jean-Marcel Bouguereau ironise dans «La République des Pyrénées», «ce discours présidentiel était un discours de Premier ministre. Ça tombe bien puisqu'il n'y a plus de Premier ministre!»

«Un régime présidentiel à l'américaine»

De son côté, dans «Nord Eclair», Patrick Pépin affirme que «nous avons changé de république. Celle-ci s'apparente à un régime présidentiel à l'américaine, avec toutes les nuances monarchiques issues de notre histoire».

Certains éditorialistes sont toutefois enclins à croire comme Philippe Palat du «Midi Libre» que Nicolas Sarkozy veut «enfin enfiler le costume de l’homme d’Etat d’envergure». Pour lui, le président souhaite «se débarrasser de son image d’“hyperactif tendance égocentrique en campagne permanente”» et devenir «celui qui propulse le pays vers des horizons nouveaux et universels. Vers 2012, surtout!» prédit-il.

«Manque de souffle»

«D'où vient alors cette étrange impression que le président a raté son coup ?» s'interroge Olivier Picard («Les Dernières Nouvelles d'Alsace»), qui trouve qu'il «manquait du souffle, de l'imagination, de l'émotion».

Etienne Mougeotte est le seul dans «Le Figaro» à croire que «le discours de Versailles avait incontestablement du souffle» et pense même qu'on «aura de la peine à contester au chef de l'Etat une audace visionnaire et mobilisatrice».
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