REACTIONS - La gauche, qui a boycotté l'intervention du président ou le débat qui la suivait, ne se prive pas de commenter le discours...
Ils
ne souhaitaient pas participer à un discours suivi d'un débat sans vote. Mais ils ne pouvaient pas rester silencieux pour autant après l'intervention du Président devant le Congrès. Les élus et les cadres de la gauche ont été les premiers à réagir ce lundi après-midi.
>> Pour retrouver les principaux points du discours de Nicolas Sarkozy, cliquez ici
«Il faut tenir la confrontation avec le pouvoir et nous demanderons demain à François Fillon de faire une déclaration de politique générale», a déclaré
Jean-Marc Ayrault, le président du groupe PS à l'Assemblée, lors d'une conférence de presse organisée à l'issue du discours, qui a duré 45 minutes.
Les députés socialistes veulent être sûrs que ce sera bien le Premier ministre qui annoncera le remaniement mercredi, qu'ils soupçonnent d'être
plus large que prévu. «Ça fait cheap (bas de gamme) et pschitt», a ajouté le maire de Nantes, estimant que la seule annonce de cette intervention concernait l'augmentation du nombre de places en prison.
Le discours «d'un candidat»
«C'est un beau discours, mais il n'a rien dit sur les moyens», confiait un peu avant à 20minutes.fr le député PS
Jean-Louis Bianco dans les couloirs de Versailles. «L'idée d'un grand emprunt pour financer la crise aggraverait le déficit public. Sur le plan économique, on est toujours dans une politique aveugle de non remplacement d'un fonctionnaire sur deux», regrette-t-il, estimant que l'on a davantage assisté à un discours de candidat qu'à celui d'un chef d'Etat.
«Le président s'exprime comme s'il n'était pas au pouvoir», a également déclaré l'ex-Premier ministre
Laurent Fabius. «Pas un mot sur les problèmes de justice sociale. J'ai trouvé cela très, très court. J'ai trouvé cela assez faible et décevant». «Il est en campagne pour un nouveau quinquennat avec des thèmes rassembleurs mais la même politique. On va continuer dans l'injustice», estime aussi le député socialiste
Pierre Moscovici.
«Une compilation d'annonces déjà vues»
«500.000 euros pour entendre ce que l'on vient d'entendre, je trouve cela très cher payé», a quant à lui déclaré le député PS
Jérôme Cahuzac sur le coût supposé du Congrès.
Un avis partagé par
Cécile Duflot.«Après l'écoute du discours de Versailles, il est légitime de se demander s'il était nécessaire de bousculer la Constitution et de dépenser près d'un million d'euros pour assister à une compilation d'annonces déjà vues», a déclaré la secrétaire générale des Verts dans un communiqué.
«Quand Nicolas Sarkozy évoque la crise écologique, on peut se demander pourquoi, près de deux ans après le Grenelle, la loi Grenelle I n'est toujours pas définitivement votée par le Parlement», a également relevé Cécile Duflot, indiquant toutefois que «sur la taxe carbone, les Verts restent bien sûr ouverts à une discussion sur la contribution énergie-climat ou sur la réforme, indispensable, vers une fiscalité écologique».
C. F. (avec agence) et Maud Noyon, sur place