REVUE DE PRESSE - Les éditorialistes sont partagés ce lundi sur le sens à donner au discours du Président devant le Parlement réuni à Versailles...
La séparation des pouvoirs est-elle mise en danger par
ce discours du «Président-soleil», comme l'écrivent ce lundi «La République du Centre» (Jacques Camus), «La Montagne» (Xavier Penon) ou «La Nouvelle République du Centre Ouest» (Jean-Pierre Bel). C'est en tout cas «du jamais vu depuis Charles-Louis Napoléon Bonaparte, dit le Petit», assure Francis Brochet («Le Progrès de Lyon»).
Pourtant, cette intervention est un droit «désormais constitutionnel», explique Laurent Joffrin dans «Libération», qui demande benoîtement: «Faut-il boycotter la Constitution?» Même tonalité au «Télégramme», où Christine Clerc estime qu'il «ne s'agit pas aujourd'hui pour les députés et sénateurs de voter une nouvelle réforme de la Constitution. Mais de l'appliquer».
«Démocratie aseptisée»
Dans «Le Figaro», Paul-Henri du Limbert s'interroge: «La République va-t-elle vaciller sur ses bases». «Évidemment non», répond-il, même si «la gauche aimerait le croire».
D'autres sont plus balancés, a l'instar de «L'Alsace», où André Schlecht pense que l'exercice ne vaut que si «l'avantage donné au chef de l'État est compensé par un meilleur équilibrage des pouvoirs». «Il reste du chemin», note-t-il. «Le Courrier Picard» (Francis Lachat) regrette que l'on soit «dans une forme de démocratie aseptisée, étrangère au débat contradictoire».
«Balancement ridicule des socialistes»
Le «Républicain Lorrain» condamne à cet égard «le balancement ridicule des socialistes, qui iront à Versailles en auditeurs passifs, et le boycott décidé par les Verts et les communistes» autant de révélateurs «du désarroi de la gauche face à un président qui impose sa loi et son rythme».
«Ouest-France» aussi, sous la plume de Michel Urvoy, s'étonne de «la chaise vide de l'opposition (qui) paraît alors exagérée : l'opinion ne comprendra pas ce refus de s'exprimer quand elle se plaint, par ailleurs, d'être brimée à l'Assemblée».
«Phase deux de l'offensive contre le modèle social français»
Bruno Dive, dans «Sud-Ouest», ne voit lui rien de choquant dans le fait que «le Président s'adresse aux Français à travers leurs représentants élus, plutôt que par le biais de la télévision».
Enfin sur le fond, d'autres journaux voient ce discours comme une étape dans le quinquennat. Et dans ce registre, «L'Humanité» n'y va pas par quatre chemins: «Nicolas Sarkozy, écrit Maurice Ulrich, pense donc le moment venu de passer à la phase deux de son offensive contre le modèle social français. Les travailleurs et les plus modestes sont en train de payer la crise et la grande purge de l'économie ... Mais ça, Nicolas Sarkozy ne le dira pas».
20minutes.fr (avec agence)