Au Parti socialiste, le résultat des européennes relance le débat sur un «parti de toute la gauche» et sa rénovation

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Publié le 8 juin 2009.

EUROPEENNES - Le résultat de dimanche a évacué pour le moment les discussions sur une alliance avec François Bayrou...

 «Le signal et le message de cette élection c'est: la droite est unie, elle gagne, la gauche est divisée, elle perd». Benoît Hamon, porte-parole du parti, sait de quoi il parle. Troisième sur la liste socialiste en Ile-de-France, il perd son mandat de député européen. Le PS avec ses 13% dans la région, est loin derrière Europe écologie (20,3%). Du coup, cette aspiration au rassemblement de la gauche reprend de la vigueur. Surtout lorsque l'on constate que, même sans le MoDem, la gauche dans son ensemble pèse plus que la droite (44,91% contre 41,45%).

Dès dimanche soir, de nombreux responsables du parti ont donc appelé à élargir le Parti socialiste. Christophe Caresche, partisan de Ségolène Royal, a appelé à une «primaire ouverte à l'ensemble des partis de gauche». Un raisonnement que la gauche du parti développe depuis longtemps, à l'image de Marie-Noëlle Lienemann, qui milite en ce sens depuis la création de son club Gauche avenir, qui rassemble des socialistes mais aussi les communistes Jean-Claude Gayssot et Francis Wurtz.

Eviter les règlements de compte

Arnaud Montebourg, membre lui de la direction de Martine Aubry, a appelé dimanche soir à «un nouveau parti de toutes les gauches».

Partisan également de primaires ouvertes, il estime que «nous n'en sommes plus à rénover le Parti socialiste», «la gauche est en miettes». Benoît Hamon avait également milité dans ce sens dans sa motion [ déposée au congrès de Reims. Les discussions sur une alliance avec François Bayrou, au coeur du débat du Congrès de Reims, sont pour le moment évacuées, vu le faible score du MoDem et la polémique qui l'a opposé à Daniel Cohn-Bendit en fin de campagne.

Reste cependant au PS à éviter d'abord que les règlements de compte ne prennent le dessus. Les proches de Ségolène Royal sont déjà montés au créneau. Vincent Peillon, tête de liste dans le Sud-est où il a été devancé par l'UMP et les Verts, réclame des «initiatives fortes». Manuel Valls prévient: «Si le PS ne se régénère pas, s'il ne change pas de langage», «de dirigeants», «de méthodes de travail», «il est en danger».

Malek Boutih a lui implicitement appellé à la démission de Martine Aubry, qui «doit s'appliquer à elle-même ce qu'elle demande à d'autres dans la société française. Quand elle interpelle les patrons qui ont mal géré leurs entreprises, quand elle interpelle le gouvernement sur ses échecs, elle a raison de dire que le premier responsable doit en tirer les conséquences. Je pense qu'elle doit faire la même chose», affirme-t-il dans un communiqué.

Le maire de Lyon Gérard Collomb évoque la nécessité de «purifier le PS», tandis que sur Désir d'avenir, on trouve de virulents débats sur un «vote sanction» à l'égard du PS, et au profit d'Europe Ecologie. Du côté de chez Benoît Hamon, Razzye Hammadi a dénoncé dimanche un PS qui «mange ses enfants». Martine Aubry pourrait toutefois décider d'ouvrir à nouveau la direction à des partisans de Ségolène Royal. Durant la dernière semaine de campagne, un de ses proches avait indiqué avoir «réfléchi» à la possibilité d'une entrée de Vincent Peillon.
La première explication est prévue mardi, lors du Conseil national du parti.
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