POLITIQUE - Au lendemain des européennes, le jeu de chaises musicales peut commencer...
A quoi ressemblera le gouvernement Fillon V? Au lendemain des élections européennes, les conjectures vont bon train ce lundi, faisant la part belle tantôt à l'ouverture après
l'envolée d'Europe Ecologie, tantôt à un resserrement à droite justifié par le bon score de l'UMP au scrutin de dimanche. Pour le calendrier, «rien ne presse», assure-t-on à Matignon. Selon plusieurs sources gouvernementales, la modification de l'attelage de l'exécutif ne devrait pas intervenir avant la fin juin et plus tard avant le 13 juillet, date de l'installation du nouveau Parlement de Strasbourg. 20minutes.fr fait le point
Quid d'Hortefeux?
Ironie du sort, la nette avance de l'UMP aux européennes a permis l'élection du ministre du Travail,
Brice Hortefeux, l'un des fidèles collaborateurs du chef de l'Etat (dans la circonscription du Massif central-Centre). Il apparaît toutefois très peu probable que Nicolas Sarkozy s'en sépare.
Les ministres assurés de rester
Pour commencer, le chef du gouvernement lui-même,
François Fillon. Tout au long de la campagne, il s'est affirmé comme le véritable chef de la majorité.
Selon «Les Echos»,
Christine Lagarde, dont le travail ces derniers mois a été largement apprécié, devait également conserver Bercy. Nicolas Sarkozy hésite même à rattacher l'Emploi (Laurent Wauquiez) au grand ministère social de Brice Hortefeux pour ne pas dépouiller le ministère de l'Economie.
Les ministres assurés de partir
Il s'agit bien sûr des deux autres ministres élus dimanche, la garde des Sceaux
Rachida Dati et
Michel Barnier à l'Agriculture.
Les ministres donnés partants
Christine Boutin (Logement) ou
Roger Karoutchi (relations avec le Parlement), affaibli par sa défaite aux primaires pour les régionales, semblent menacés mais le jeu reste ouvert.
Les ministres qui devraient bouger
Selon «Le Figaro», le ministre de l'Education Xavier Darcos est toujours cité à la Justice mais son transfert paraît de moins en moins assuré. La question de son remplacement reste ouverte: Richard Descoings, le directeur de Sciences-Po chargé d'une mission sur la réforme du lycée, a ouvertement refusé le maroquin; le nom de Luc Chatel, actuel porte-parole du gouvernement, est aussi évoqué pour l'Education, mais ce membre de la garde rapprochée du chef de l'Etat est aussi pressenti au Budget ou à l'Agriculture. Eric Woerth, l'actuel ministre du Budget, pourrait quant à lui être le nouveau Garde des Sceaux.
La prime à l'ouverture?
Ce scénario est remis en cause par certains au lendemain des élections européennes. Selon des conseillers d'un ministre cités par l'AFP, l'importance du score de l'UMP pourrait donner «une prime» aux ministres «clairement identifiés de droite» ou aux sarkozystes historiques à l'image du député-maire de Nice
Christian Estrosi qui pourrait hériter d'un secrétariat d'Etat à la sécurité publique.
Dans le même sens, la volonté prêtée au président de vouloir affaiblir le MoDem en recrutant à l'Agriculture
Michel Mercier, trésorier de ce parti, est moins pertinente après le très mauvais score du parti de François Bayrou. Selon «Les Echos», toutefois, le sénateur centriste ne serait pas absent du nouveau casting gouvernemental et pourrait être nommé au Logement.
Quant à la nomination à l'Ecologie de l'ancien ministre socialiste de l'Education
Claude Allègre, opposant de la première heure à la théorie du réchauffement climatique, elle paraît
encore plus compromise avec la percée d'Europe Ecologie dans le scrutin de dimanche.
Toujours dans le registre de l'ouverture, d'autres noms circulaient avant le scrutin: celui du socialiste
Christophe Girard, maire adjoint à la Culture de Paris, qui remplacerait Christine Albanel. L'intéressé a affirmé dimanche soir à l'AFP que l'offre ne lui a pas été faite. «Si le président de la République me le propose, je lui demanderai une heure pour en parler à Bertrand Delanoë», a-t-il lancé.
Pour répondre à un autre cheval de bataille du Président, la diversité et la parité, une femme issue d'une minorité, pourrait rejoindre le gouvernement, compensant le départ de Rachida Dati.
Fatine Layt, femme d'affaires de 42 ans d'origine marocaine, est évoquée au gouvernement, reste à savoir où.
Catherine Fournier (avec agence)