POLITIQUE - La majorité n'est pas en accord sur ce point sensible. Alors que Karoutchi réclame des sanctions, Copé veut qu'elles soient exceptionnelles...
Le rejet surprise de la loi Hadopi la semaine dernière a relancé le vieux débat sur l'absentéisme des députés. Les responsables de la majorité sont obligés de se positionner sur la proposition de Roger Karoutchi, le secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement, qui veut
sanctionner financièrement les députés qui font l’école buissonnière.
Défendant sa maison, Jean-François Copé, critiqué pour son absence lors du vote de la loi Hadopi, estime qu'une sanction financière pour les députés trop souvent absents lors des votes «ne doit rester qu'une mesure extrême». Bref, il repousse poliment la proposition de Roger Karoutchi... d’appliquer
le règlement de l’Assemblée nationale.
Absentéisme en fin de semaine
Une disposition jusque là inappliquée prévoit en effet qu’un député qui a «pris part pendant une session, à moins des deux tiers des scrutins publics» est sanctionné d’«une retenue du tiers de l’indemnité de fonction pour une durée égale à celle de la session».
Les scrutins publics (vote électronique) attirent plus de monde que les votes à main levée, comme pour Hadopi où une grosse trentaine de députés étaient présents. Il n’empêche, de nombreux députés risqueraient d’être sanctionnés si la disposition était réellement appliquée au vu de l’absentéisme le lundi, jeudi et vendredi, jours où les parlementaires préfèrent souvent s’occuper de leurs circonscriptions ou de leurs mandats locaux.
Xavier Bertrand veut des sanctions
Jean-François Copé souhaite réécrire ce point du règlement: «Il faudra probablement modifier notre règlement intérieur sur ce point, car les textes qui existent ne sont plus adaptés. Il faut réfléchir à une nouvelle formule». Son alter ego du groupe Nouveau Centre, François Sauvadet, est à peu près sur la même ligne: «Je suis farouchement opposé aux sanctions financières. Chaque député est élu au suffrage universel, c'est à lui de prendre ses responsabilités à l'égard de son groupe, de ses électeurs».
Secrétaire général de l’UMP et grand rival de Jean-François Copé, Xavier Bertrand fait entendre une autre musique estimant qu’il faut sanctionner «les députés invisibles». «Il nous faut nous adapter à cette nouvelle donne avec des socialistes qui ne respectent aujourd'hui rien, qui veulent masquer leur vide des idées par une agitation médiatique», explique Bertrand.
20minutes.fr