La question turque: premier temps fort de la campagne européenne

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Publié le 7 avril 2009.

POLITIQUE - Le soutien de Barack Obama à la candidature de la Turquie à l'entrée dans l'UE a réveillé une campagne atone...

Les européennes approchent à grand pas mais à deux mois des élections, la campagne reste inaudible. Il aura fallu que Barack Obama plaide dimanche en faveur de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne pour qu’une première véritable ligne de fracture apparaisse entre les partis français.

Le président français Nicolas Sarkozy a immédiatement adressé une fin de non-recevoir au plaidoyer d’Obama rappelant qu’il avait «toujours été opposé à cette entrée». Sur cette question pourtant polémique au sein même de l’UMP, le parti majoritaire s’est placé dans le sillon de son chef. «Le groupe est archi majoritairement contre l’entrée de la Turquie dans l’Union», a tranché Jean-François Copé, patron du groupe UMP à l’Assemblée.

Le piège tendu par Lefebvre

Pour tirer profit de cette unité, le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre a enjoint «tous les partis et tous les candidats [à] clarifier leur position». Un piège tendu notamment à Philippe de Villiers qui se présentera sous la bannière Libertas, un parti européen dont le leader irlandais Declan Ganley est hésitant sur la question turque. Mais de Villiers, opposé à l’adhésion turque, ne s’est pas laissé démonter, proposant à Sarkozy d’en débattre «sur une grande chaîne de télévision».

La petite phrase de Frédéric Lefebvre visait aussi bien sûr le Parti socialiste tiraillé sur la question depuis que Laurent Fabius a exprimé ses doutes sur l’adhésion de la Turquie lors de la campagne référendaire européenne en 2005. Mais pour répondre à l’unité affichée par l’UMP, le PS a mis ses divisions en placard et avance groupé sur ce dossier.

Kouchner a changé d’avis

Martine Aubry, première secrétaire, a rappelé la position du parti: «Je suis favorable à ce qu’on poursuive le chemin de l’entrée de la Turquie vers l’Europe, même s’il est loin d’être terminé.» Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, en a rajouté une couche: «Je suis triste de la démagogie du président français» trouvant «irresponsable alors qu'il y a un processus de négociation qui est long [...] de décréter a priori qu'on ne veut pas faire entrer la Turquie dans l'Union européenne.»

La seule voix discordante à gauche est celle d’un socialiste repenti. «Moi, j'étais partisan de l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner précisant qu'il ne l'était plus depuis le sommet de l'Otan samedi à Strasbourg. Lors de cette réunion, la Turquie a longtemps bloqué l'approbation du Danois Anders Fogh Rasmussen comme secrétaire général de l'Otan, avant de céder à des pressions américaines.
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