Villepin n'a pas «d'arrières-pensées partisanes», mais beaucoup de «détermination»

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Publié le 2 avril 2009.

POLITIQUE - Il a réuni plusieurs centaines de ses partisans à l'Assemblée nationale...

C'était l'aboutissement logique d'une démarche entamée il y a quelques semaines par une présence inhabituelle dans les médias. Dominique de Villepin a réuni ses partisans mercredi après-midi à l'Assemblée nationale, sur un thème taillé sur mesure: le retour de la France dans l'Otan. L'objectif? Si l'ancien Premier ministre se défend de toute «arrière-pensée partisane», d'autres y réfléchissent pour lui: «prendre le temps de préparer 2012», répond en privé le collaborateur d'un de ses proches. «Si ça doit se faire, ça se fera en dehors de l'UMP», pronostique-t-il. En public, ses soutiens sont plus policés: «il n'y a pas de réseau, de club, et pourtant la salle est pleine. C'est une donnée politique», se félicite François Goulard, député du Morbihan.

Dans la salle, où étaient réunies plus de 300 personnes, on comptait notamment les anciens ministres Henri Cuq, Brigitte Girardin et Nelly Olin, l'ancien président du Conseil constitutionnel Yves Guéna, et le député Nicolas Dupont-Aignan, qui a quitté l'UMP. Les partisans de Villepin se sont attachés à souligner leur différence par rapport à l'UMP, notamment en donnant la parole à Hervé Mariton, député de la Drôme, partisan lui du retour de la France dans l'Otan. Il s'est réjoui du «bel exemple que nous donnons à la majorité».

«Emotion»

Dominique Villepin a commencé son intervention en évoquant son «émotion» de se retrouver parmi ses partisans. Il a dit s'exprimer sur le sujet par «conviction d'une nécessité: l'idée qu'on se fait de son pays fait qu'il y a une volonté à exprimer une vision à définir, un peuple à rassembler». Une critique voilée de la présidence de Nicolas Sarkozy, dont il s'attache à ne jamais prononcer le nom. Sans surprise, il n'approuve pas la décision «inopportune et dangereuse» de réintégrer le commandement militaire intégré de l'Otan. D'abord parce qu'elle est prise «à contre-temps: il y a le risque d'un retour à une logique de bloc».  Ensuite parce que c'est à ses yeux «un contre-sens»: la priorité serait d'avancer sur la défense européenne. Enfin parce qu'il s'agit d'une décision «contre-nature» au regard de «l'identité française». Pour Dominique de Villepin, cette décision repose sur «un certain nombre de paris, qui seront gagnés ou pas». Il a prévenu: «nos actes nous suivent. C'est un acte qui suivra le président de la République».

2012

Evidemment, Dominique de Villepin a éludé les questions sur 2012. «Merci pour votre confiance», répond-il simplement à une étudiante qui lui dit qu'elle aimerait bien voter pour lui en 2012. Et quand notre blogueur Christophe Carignano lui pose une question sur «l'autisme de Nicolas Sarkozy», il explique qu'il «comprend» que la question soit posée. Mais «ce n'est pas le lieu ni le moment». Pas encore? Ses partisans expliquent que deux autres interventions sont au programme, l'une sur la crise économique, l'autre sur la gouvernance des institutions. Il a tout de même tenu à mettre les choses au point. «Beaucoup ont ricané sur le fait qu'il y avait 1, 2, 3, 4, 5 parlementaires» qui le soutenaient. «J'en connais d'autres qui, dans d'autres endroits, ont commencé avec moins que ça», en référence à la solitude de Jacques Chirac avant d'être élu en 1995. On n'a pas fini d'entendre parler de Dominique de Villepin.
Emile Josselin
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