Otan: L'Assemblée nationale vote la confiance au gouvernement

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Publié le 17 mars 2009.

PARLEMENT - François Fillon avait engagé la responsabilité de son gouvernement ce mardi, malgré quelques députés UMP récalcitrants...

C'est fait. L'Assemblée nationale vient de voter mardi par 329 voix contre 228 la confiance au gouvernement qui avait engagé sa responsabilité sur sa politique étrangère et le retour complet de la France dans le commandement intégré de l'Otan.

Cette question faisait polémique jusque dans les rangs de l’UMP. Pour ne pas risquer un vote défavorable sur ce sujet ultra-sensible, François Fillon a engagé ce mardi la responsabilité de son gouvernement à l’Assemblée nationale.

Mais, malgré le vote couru d’avance (le résultat sera connu dans la soirée), le débat a bien eu lieu dans l’hémicycle, quelques députés UMP récalcitrants ayant le droit à la parole. Ouvrant la séance, le Premier ministre a voulu dédramatiser le mouvement de la France, annoncé officiellement par Nicolas Sarkozy la semaine dernière. Le retour complet de la France dans l’OTAN ne constitue, selon lui, qu’un «ajustement» qui laissera au pays son «indépendance de ton et d’action».

Merkel, Brown et Zapatero appelés à la tribune


«Alliée mais pas vassale, fidèle mais pas soumise, voilà la nature de nos relations avec les Etats-Unis», a-t-il déclaré. «J’invite ceux qui s’inquiètent pour l’indépendance de la France à aller demander les yeux dans les yeux à Angela Merkel, Gordon Brown et Jose Zapatero s’ils ne sont pas souverains de leurs décisions».

Au nom des députés UMP, Jean-François Copé a lui aussi défendu la décision de Sarkozy, rappelant par exemple que l’Allemagne, pleinement présente dans l’OTAN, n’a pas participé à la guerre en Irak. Argument massue de Copé: «Qui peut trouver normal que l’on soit la 4ème force contributrice de l’OTAN en Afghanistan alors que nous ne participons pas au commandement stratégique en haut lieu?»

La charge du «sage actif»

Pour répondre à l’UMP, le PS a dégainé son «sage actif» préféré, Laurent Fabius. Avant de rentrer dans le fond, l’ancien Premier ministre a dénoncé une erreur dans le calendrier : «Ce débat est décisif mais la décision a déjà été prise et rendu officielle par le Président la semaine dernière»

Les socialistes sont résolument contre la réintégration dans l’Otan, craignant que la France y perde une partie de son autonomie: «Qui peut croire que si nous avions réintégré complètement l’OTAN, la France aurait pu prendre lors de la deuxième guerre en Irak la tête d’un mouvement d’opposition qui était juste et qui a fait école dans le monde?», a tancé Fabius.

François Fillon avait prévu la parade, renvoyant les socialistes dans leurs cordes en rappelant les données du débat en 1966 quand De Gaulle avait quitté le commandement intégré de l’organisation atlantiste: «Quarante ans après, voir la gauche célébrer un héritage qu’elle a combattu, c’est heureux mais c’est très conformiste».

«Que va-t-on gagner avec cette perte d’originalité?»

Voix discordante à droite, le chiraquien François Baroin a eu l'autorisation de Jean-François Copé d'exprimer son désaccord au gouvernement: «Puisque, comme vous le dites, nous sommes déjà si forts, si décisionnaires au sein de l’OTAN, que va-t-on gagner avec cette perte d’originalité?». Une remarque très applaudie sur les bancs de la gauche.

Forcé de voter la confiance à un gouvernement qu’il soutient, François Baroin a conclu son intervention par une phrase qui résume bien le sentiment de nombreux députés UMP: «La confiance que je vous donne n’efface pas les regrets».
Vincent Glad
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