CPNT s'allie avec Villiers pour «refaire le référendum qu'on nous a volé avec le traité de Lisbonne»

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Publié le 10 mars 2009.

INTERVIEW - Frédéric Nihous, président de Chasse, pêche nature et traditions, explique les raisons de cette alliance...

Chasse, pêche nature et traditions (CPNT) l'avait proposé, le Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers a accepté l'offre: les deux partis présenteront des listes aux européennes, sous la bannière du tout récent parti eurosceptique Libertas. Ce parti européen a été fondé par l'homme d'affaires irlandais Declan Ganley, figure du non au traité de Lisbonne dans son pays. Le nordiste Frédéric Nihous, candidat à la présidentielle en 2007, sera tête de liste dans le nord-est.

Pourquoi avoir choisi de vous allier avec Philippe de Villiers?

C'est au sein de Libertas qu'on s'est recontré. Dès septembre-octobre 2008, on a annoncé qu'à CPNT on présenterait des candidats, et on a aussi appellé au rassemblement des «non», au référendum de 2005. On a très vite compris que ce rassemblement ne se ferait pas, et on a intégré Libertas. Le contact a été très facile, puisque le conseiller politique d'Eclan Ganley est Jens Peter Bonde, que Jean Saint-Josse [ex-président de CPNT, NDLR] a connu lorsqu'il était député européen.

Avec la réforme du mode de scrutin, il y a aussi une question d'efficacité, qui nous impose des synergies. Le Nouveau centre a choisi de faire de même avec l'UMP, et Mélenchon s'est allié au PCF. Effectivement, le but est aussi d'envoyer à Strasbourg des parlementaires pour montrer au niveau de Bruxelles qu'une autre Europe est possible. Et refaire pendant la campagne le référendum européen qu'on nous a volé avec l'acception du traité de Lisbonne. Comme Libertas est un parti européen qui présentera des candidats, nous espérons être un groupe incontournable.

Partagez-vous les propositions traditionnalistes de Philippe de Villiers sur les questions sociétales, comme sa volonté d'inscrire les «racines chrétiennes» de l'Europe dans la constitution?
Notre intégration commune dans Libertas est naturelle. Sur le programme européen de Philippe de Villiers, nous n'avons pas de différences: nous sommes contre l'entrée de la Turquie dans l'UE, pour l'Europe des peuples, et contre l'Europe des technocrates. Ce n'est pas un mariage de la carpe et du lapin, comme celui de Cohn-Bendit, qui a fait la campagne du «oui» au Traité constitutionnel, et de José Bové, qui les a combattus pendant toute cette période. Sur la question des racines chrétiennes, nous considérons que l'Europe n'a pas à se prononcer là-dessus. Et surtout, cette élection est européenne, ce n'est pas le match retour de la présidentielle. Donc les questions sociétales, ce n'est pas le sujet.

Pensez-vous faire plus que les Verts, ce qui était votre objectif en 2007?
Avec Libertas, c'est possible. Nous appellons à un vote de cohérence. 55% des Français ont voté «non» au Traité constitutionnel, ils ne vont pas voter pour des listes où les gens ont voté «oui». Regardez le PS, ils ont des têtes de liste qui ont voté «oui», d'autres «non», et ils vont tous faire la campagne pour nous expliquer que l'Europe, c'est formidable. Or, le référendum de 2005 a montré que les clivages politiques sur l'Europe avaient pété.

Entretien avec Emile Josselin
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