Sarkozy «face à la crise»: les réactions syndicales et politiques

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Publié le 6 février 2009.

POLITIQUE - D'Aschieri à Mailly, de Fillon à Aubry, les responsables politiques et syndicales jugent la prestation du président de la République...

Du côté des politiques:
Martine Aubry, première secrétaire du PS

«Je n'ai pas trouvé un président qui savait où il allait, j'ai eu l'impression qu'il était plus hésitant que d'habitude». Jeudi soir, «nous n'avons eu que des hésitations, que des contradictions» et l'«impression extrêmement douloureuse d'un président qui ne comprend pas ce que vivent les Français».
«On attendait un changement de cap, des décisions précises. On a eu un entêtement et quelques pistes, quelques hésitations».
«Tous les autres pays ont décidé de relancer la consommation et l'investissement à court terme, le président renvoie au 18 février des négociations, des discussions, des concertations (avec les syndicats, ndlr), lui qui sait passer en force quand il faut baisser l'impôt des plus riches, quand il faut essayer de faire travailler le dimanche, quand il faut mettre la justice sous sa coupe».

Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF

Elle a jugé «assez lamentable» l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy, sans «rien de concret» sur le plan social, et a appelé à la mobilisation avant la réunion du 18 février avec les syndicats.
«Il y a avait une véritable attente sur le pouvoir d'achat, sur les salaires et le président n'a absolument pas répondu à cela». «Si on attend sans bouger je ne pense pas qu'on obtiendra les augmentations de salaires nécessaires, les réformes de la fiscalité nécessaires». Selon elle, la suppression de la taxe professionnelle en 2010 représente «8 milliards de cadeaux aux patrons». Elle a aussi reproché à Nicolas Sarkozy de parler «des classes moyennes en évoquant les gens au Smic», tout en reconnaissant que la suppression de la première tranche de l'impôt sur le revenu était «une bonne mesure».

François Fillon, Premier ministre
«Nos concitoyens ont vu un président de la République totalement engagé à leurs côtés». Il «a invité nos concitoyens à affronter la crise avec lucidité et solidarité».
«Dans l'épreuve, il a fait de l'emploi une priorité. Il a souligné avec force que l'équité et la justice sociale constituaient des composantes essentielles de la mobilisation nationale face à la crise, créant ainsi les conditions d'un dialogue social approfondi.»

Victorin Lurel, député PS et président du conseil régional de Guadeloupe:
«Le président de la République n'a pas un mot pour la Guadeloupe. Malgré des questions sur la crise, le pouvoir d'achat et les mouvements sociaux, ce silence du chef de l'Etat est tout simplement choquant et stupéfiant, impensable si un territoire hexagonal avait connu pareil blocage. Ce silence est également méprisant.»

Benoît Hamon, porte-parole du PS,
Il a jugé le chef de l'Etat, «incohérent», «hésitant», ne comprenant «pas la crise», assurant que «tout change, sauf Nicolas Sarkozy».

Du côté des syndicats, Jean-Claude Mailly, le patron de FO, a été le premier à proposer publiquement une nouvelle date de mobilisation dès ce lundi, lors de la réunion intersyndicale organisée au siège de la FSU: «Nous verrons lundi, mais nous pourrons décider d’une date pour garder la pression», a plaidé le syndicaliste. «Discuter du partage des richesses avec le Medef peut durer des mois », a souligné Mailly, déçu par l’absence d' « annonce concrète et immédiate du chef de l’Etat.

Gérard Aschieri, leader la puissante fédération enseignante FSU, est lui aussi favorable à un nouvel appel à la mobilisation, fixé probablement à une date ultérieure au 18 février. « Je ne vois pas en quoi les réponses qui ont été apportées par Nicolas Sarkozy nous inviteraient à lever le pied. Je dirais même que ces négociations qui s’annoncent avec les partenaires sociaux nécessitent une mobilisation. Il faudra installer un rapport de force.»

Le leader syndical relève lui aussi le manque d’annonces à destination des salariés ou des retraités. «J’ai entendu beaucoup de bonnes intentions mais concrètement qu’est-ce qui va changer ces prochaines semaines? Rien. En revanche j’ai entendu beaucoup de niet, sur le Smic, pour la situation des fonctionnaires.»

«Très peu de propositions concrètes»

Très remonté, Christian Mahieux, de Sud, est sur la même ligne que FO et la FSU. «Il faut maintenant poursuivre et amplifier encore la mobilisation populaire, le plus vite possible. C’est cette perspective que l’union syndicale Solidaires mettra en avant lors de la réunion
intersyndicale du 9 février.»

Annie Thomas, secrétaire nationale de la CFDT jointe par 20minutes.fr, explique que «malgré la densité du propos, il y a eu très peu de propositions concrètes, et il va y avoir de nombreuses déceptions ce vendredi matin chez les salariés et les fonctionnaires.»

Sur le fond, «beaucoup de pistes de travail sont repoussées au 18 février. Nicolas Sarkozy n'a pas ignoré les préoccupations des salariés, sur le chômage partiel, les jeunes demandeurs d'emplois, le partage du profit, les aides aux classes moyennes et les contreparties aux aides publiques. Maintenant, on se présentera le 18 février avec un dossier béton, avec des propositions très précises». Reste une «grosse déception, revendication de nombre de manifestants: la diminution de l'emploi public».
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