REACTIONS - Le Web se réjouit plutôt, les écolos beaucoup moins...
Un remaniement ministériel, c’est un jeu de billard à plusieurs bandes: on dénude un secrétariat d’Etat au profit d’un autre, suscitant une avalanche de réactions de tout ordre. 20minutes.fr fait le point sur les déclarations liées à
la nomination surprise de Nathalie Kosciusko-Morizet au secrétariat d’Etat à l’Economie numérique.
Ceux qui applaudissent
La communauté Internet
Très critiques avec le député UMP Frédéric Lefebvre, longtemps pressenti pour le poste, les leaders d’opinion du Web français se montrent plutôt satisfaits de la nomination de «NKM». Ce jeudi matin
sur Twitter, sismogramme des mouvements d’humeur sur Internet, quelques minutes après l’annonce du gouvernement, les internautes applaudissaient l’arrivée d’une femme politique connue pour aimer le Net: «NKM? Curieux et impatient de voir la suite», «NKM fera plus classe au côté de Loic Le Meur dans les conférences»…
Contactée par 20minutes.fr, l’association
La Quadrature du Net, jamais très indulgente avec les politiques, estime que cela aurait pu être bien pire: «Certes, c’est la sœur d’un lobbyiste du Web [NDLR:
son frère Pierre est patron de PriceMinister] mais quand on voit que le nom de Frédéric Lefebvre, actionnaire à 51% d’un cabinet de lobbying, était évoqué, sa nomination est un moindre mal», déclare Jérémie Zimmermann qui ne se fait malgré tout pas d’illusion: «Elle avait fait quelques sorties acides sur l’écologie, mais là, elle devrait tenir sa langue, sinon elle sera immédiatement remplacée par un sarkozyste pur jus comme Lefebvre».
L’association «Sortir du nucléaire»
Avec humour, l’association anti-nucléaire, a déclaré dans un communiqué que «depuis quelques années en France, il faut être pronucléaire pour devenir ministre de l’Ecologie: c’est tellement ridicule qu’il vaut donc mieux… que le poste reste vacant». Jean-Louis Borloo a néanmoins indiqué qu’il cherchait un remplaçant pour Nathalie Kosciusko-Morizet.
Ceux qui ronchonnent
François Fillon
Le Premier ministre a confié ce jeudi à des journalistes qu’il aurait préféré nommer le villiériste Bruno Retailleau: «Un peu d’ouverture à droite, parfois, ce n’est pas une mauvaise idée». Mais, confronté au
refus de Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France (MPF), François Fillon a renoncé pour «ne pas déclencher
une guerre nucléaire avec un parti qu’on voulait honorer».
Les autres écologistes
Serge Orru, directeur du WWF-France, versera une petite larme au pot de départ de la secrétaire d’Etat à l’Ecologie: «C’est une personnalité qui incarne à sa manière l’écologie, une personnalité utile, compétente, elle connaît ses dossiers, elle écoute», a-t-il déclaré à l’AFP, regrettant qu’elle n’ait pas été nommée au ministère de la Santé, car «la dimension environnement-santé est quelque chose de déterminant dans l’avenir».
De leur côté, les Verts ont estimé que le changement de portefeuille de «NKM» n’était «pas une très bonne nouvelle», se demandant si le départ de cette secrétaire d’Etat à l’Ecologie «très incisive» n’était pas destiné à «faire plaisir aux lobbies».
Bruno Retailleau
Après la mise hors jeu de Frédéric Lefebvre, dont l’annonce de la nomination, avait suscité
une levée de boucliers sur le Web, Bruno Retailleau, proche de Philippe de Villiers, était donné grand favori. Mais au dernier moment, pour ne pas vexer le patron du MPF, l’exécutif lui a préféré Kosciusko-Morizet. Dans cette vidéo d'
Elysée Inside, Fillon reconnaît sans mal que Retailleau «n’est pas content». Le sénateur n’était pas joignable ce jeudi soir.
Vincent Glad