Affaire Julien Dray, il y aurait de nombreux bénéficiaires

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Publié le 12 juin 2009.

JUSTICE - Tracfin, la cellule antiblanchiment du ministère des Finances, aurait cerné Julien Dray en décortiquant un vaste réseau dans cette affaire d’abus de confiance.

Revenant sur les informations du «Monde», «Le Parisien» affirme ce mercredi en savoir plus sur ce qui est reproché au député de l'Essonne. Pourtant, le doute persiste, la justice n'en est qu'au stade de l'enquête, rien n'a été prouvé et Julien Dray est présumé innocent.

D'ailleurs, l'avocat du député de l'Essonne a fait savoir, ce mercredi qu'il allait porter plainte en diffamation après la mise en cause de son client dans des articles de presse. Il rappelle qu'une première plainte a déjà été déposée le 23 décembre pour violation du secret professionnel et recel de cette infraction. Le point sur ce qui lui est reproché.

Selon le «Parisien» de ce mercredi, «la liste des bénéficiaires s’allonge» et de nombreuses auditions sont à venir. Des entrepreneurs de l’Essonne, des particuliers et des proches de l’ancien porte-flingue de Ségolène Royal seraient visés.

Les entrepreneurs

Tout d’abord, Julien Dray aurait reçu selon le rapport de Tracfin 113.890 euros, via des chèques de plusieurs «particuliers actifs dans la sphère socio-économique, qui semblent sans contrepartie», assure le quotidien. Deux chefs d’entreprise se distingueraient comme les deux plus généreux donateurs.

Le «Parisien» assure que ces «émetteurs ont soit leur siège en Essonne, soit dans la circonscription du député socialiste, soit obtenu un marché au niveau de la région Ile-de-France.» Le quotidien cite l’architecte François Malisan, basé à Brétigny et bâtisseur de plusieurs lycées, et évoque un autre entrepreneur qui a construit de nombreux centres commerciaux en France.

Les proches

Viennent ensuite les proches. Toujours selon le quotididen francilien, Nathalie Fortis, chargée des relations presse, et Thomas Persuy, directeur administratif et financier de SOS Racisme seraient au cœur des sorties d’argent. Tous deux sont mandataires de la Fédération indépendante et démocratique lycéenne (Fidl). Ils auraient encaissé 127.377 euros entre janvier 2006 et septembre dernier de la part de ces deux associations. Ils auraient versé ensuite 102.985 euros.

Dominique Bouissou, ancienne assistante parlementaire de Julien Dray et aujourd’hui attachée de presse de Ségolène Royal serait aussi dans le collimateur (elle aurait reçu 6.500 euros de la part des Parrains de SOS Racisme). Tout comme un membre de la belle-famille de Julien Dray, possible destinataire d’un chèque de 5.000 euros de la même association. D’autres proches qui avaient des procurations sur les comptes des associations seraient aussi menacées, selon le «Parisien».

Les autres

Tracfin resserrait aussi son étau sur Marc Rozenblat, ancien président du syndicat étudiant Unef-Id et qui aurait reçu un chèque de 12.500 euros émis par les Parrains de SOS Racisme.

La cellule antiblanchiment du ministère des finances s’intéresserait de près au producteur Eric Basset, qui dirige le label Aztek Music. Il aurait émis un chèque de 20.000 euros au bénéfice de Nathalie Fortis. Sans se rappeler vraiment pourquoi, explique-t-il au «Parisien»: «Des chèques, j’en fais beaucoup, ça ne me dit rien.»
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