Martine Aubry première secrétaire, et après?

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Publié le 25 novembre 2008.

POLITIQUE - L'issue définitive du scrutin, est connue ce mardi soir, elle ne règlera pas la question du leadership et de l'identité du parti...

C'est officiel, Martine Aubry a obtenu 102 voix de plus que Ségolène Royal lors du vote des militants, venrdedi 21 novembre. Le vote du Conseil national, le parlement du PS, a donc entériné sa nomination. Malgré tout, le parti sera durablement marqué par cette crise, dernier spasme d'un problème identitaire beaucoup plus ancien. 20minutes.fr a demandé à trois spécialistes de livrer leurs pronostics sur l'avenir du PS.

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La scission n'aura pas lieu
Les rumeurs ont beau se multiplier, personne n'y croit vraiment. «Le PS est un parti d'élus et ils ne vont pas casser le jouet qui les fait vivre», déclarait à 20minutes.fr Rémy Lefebvre, spécialiste du PS. Et le politologue de citer l'exemple de Jean-Luc Mélenchon, dont le départ a été faiblement suivi par les cadres du parti qui lui sont proches. «Dans l'histoire du PS, il n'y a jamais eu une scission qui a marché», confirme Denis Lefebvre, historien du PS. Gérard Grunberg, directeur de recherches à Sciences-Po et au CNRS, est également formel: «Rationnellement, un candidat de gauche a besoin d'un grand parti pour être élu.»

L'unité non plus
Les experts sont pessimistes quant à la capacité des camps Royal et Aubry de mettre leurs différends au placard dans l'intérêt du parti. «Le PS est vraiment fracturé et ce qui est spectaculaire, c'est qu'il n'y a plus de limites dans l'affichage de la lutte interne», note Philippe Lefebvre. Preuve en est, certains en appellent à la justice, jugeant le parti incapable de régler lui-même ses problèmes internes. Une attitude qui ne manquera pas, selon le spécialiste, de provoquer «une hémorragie de militants. Beaucoup sont écoeurés de ce qui s'est passé.»

Maintenant qu'elle est «élue, Martine Aubry pourrait proposer 50% des postes aux royalistes en geste d'apaisement, de son côté estime Gérard Grunberg. Avant d'ajouter: «Mais il n'est pas sûr que ces derniers acceptent. Ségolène Royal peut continuer à faire entendre sa petite musique en solo dans le parti et faire valoir que les autres ont été incapables de se mettre d'accord au congrès de Reims.»

Des nouvelles claques aux élections
Cette impossibilité d'afficher une unité serait «suicidaire», poursuit l'historien. «Si la désunion s'installe durablement, le PS ne gagnera aucune élection». Or, de nouvelles échéances électorales, il y en a bientôt, avec les élections européennes en juin 2009, les élections régionales en 2010, puis la présidentielle et les législatives en 2012. Pour Gérard Grunberg, le parti en est arrivé là «à force de ne pas avoir éclairci son rapport aux institutions de la Ve République et surtout son statut de parti présidentiel. François Mitterrand avait trouvé un compromis boiteux entre un parti refondé à gauche, mais qui arrive au pouvoir. Mais le parti d'Epinay est mort.» Il faut donc inventer autre chose. «Il faut peut-être admettre que les adhérents doivent élire un dirigeant, une personne avec un projet et pas seulement une motion», conclut le politologue.
Catherine Fournier
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