Quel avenir pour le Parti socialiste?

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Publié le 18 novembre 2008.

POLITIQUE - Quelques jours avant le vote des militants, jeudi soir, chargés de décider qui de Ségolène Royal, Martine Aubry ou Benoît Hamon va diriger le PS pour les années à venir, 20minutes.fr fait le point sur l'avenir d'un parti à la dérive...

Un Congrès de Reims catastrophique, où les égos des uns et des autres ont dominé sur le débat idée, un parti sans chef, sans stratégie… Après ce week-end terrible, que reste-t-il du Parti socialiste? Quelques jours avant le vote des militants, jeudi soir, chargés de décider qui de Ségolène Royal, Martine Aubry ou Benoît Hamon va diriger le PS pour les années à venir, 20minutes.fr fait le point sur l’avenir d’un parti à la dérive.

Quel avenir pour le Parti socialiste?
A ceux qui pronostiquent un éclatement du PS, avec la naissance d'un parti de centre-gauche d'un côté et d'un parti plus à gauche de l'autre, Rémy Lefebvre, spécialiste du PS, répond qu'il ne faut pas dramatiser. «Le PS est un parti d'élus et ils ne vont pas casser le jouet qui les fait vivre». Et le politologue de citer l'exemple de Jean-Luc Mélenchon, dont le départ a été faiblement suivi par les cadres du parti qui lui sont proches. «Dans l'histoire du PS, il n'y a jamais eu une scission qui a marché», confirme Denis Lefebvre, historien du PS*. Gérard Grunberg, directeur de recherches à Sciences-Po et au CNRS, est également formel: «Rationnellement, un candidat de gauche a besoin d'un grand parti pour être élu.»

Les trois spécialistes prédisent toutefois de sombres lendemains pour le PS. «Quelle que soit celle qui l'emporte, le parti sera très gravement et longuement divisé», affirme Gérard Grunberg. D'une part parce qu'aucune des candidates, Royal ou Aubry, ne laissera son ambition présidentielle au placard. D'autre part, parce qu'il faut s'attendre «à un conflit très dur sur la rénovation du parti, son organisation et son fonctionnement internes», estime Rémy Lefebvre.

Ségolène Royal et Martine Aubry auront à cœur de transformer en profondeur l'appareil. Mais selon des modèles très différents. «Ségolène Royal défend un modèle à l'américaine, avec un parti impliqué dans un régime présidentialiste», analyse Denis Lefebvre. «Tandis que Martine Aubry prône un allégement de la démocratie interne, certes, mais en conservant un modèle plus traditionnel», ajoute-t-il. Modèle plus proche de celui défendu par Delanoë et Hamon. Et qui a donc rassemblé 70% du vote des militants le 6 novembre.

Quelle stratégie pour le gagnant?
Sur cette question, les avis sont unanimes: quel que soit le vainqueur, la partie sera dure. «Il n'aura pas la majorité au Conseil national et se retrouvera donc avec un faible leadership», pronostique Rémy Lefebvre. Du coup, ajoute-t-il, «le candidat qui sortira vainqueur devra jouer l'apaisement». Comprendre: intégrer ses rivaux malheureux dans l'équipe dirigeante.

Mais selon le spécialiste, il devra surtout reconquérir une base militante, «écœurée» ou «décontenancée» par les guerres d'ego au sommet. «Si Ségolène Royal gagne, elle aura intérêt à multiplier les référendums militants pour ouvrir le parti à de nouveaux adhérents et diluer les anciens. Le renouvellement du PS passe notamment par celui sa base», ajoute Rémy Lefebvre.

* Denis Lefèvre est également co-auteur du «Socialisme pour les nuls» (First)

Catherine Fournier
>> Retrouvez ici notre dossier sur le congrès du PS à Reims.

Et aussi, à lire sur le blog Rénovation PS, les coulisses du Congrès.
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