Le parti socialiste retient son souffle avant le vote de jeudi

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Publié le 18 novembre 2008.

POLITIQUE - Le point sur les forces en présence et le calendrier...

Le PS est «à l'arrêt». Cette sortie d'Arnaud Montebourg ce week-end à Reims résume à elle seule la situation du parti. D'abord parce le Congrès n'a guère permis d'avancer dans la désignation d'un candidat au poste de Premier secrétaire. Ensuite parce que l'avenir du PS est désormais suspendu au vote des militants jeudi. Explications.

Que s'est-il passé ce week-end?
Une alliance entre les trois motions arrivées derrière Ségolène Royal (Delanoë, Aubry et Hamon) a échoué durant la fameuse nuit des résolutions de samedi à dimanche. Les trois candidats sont parvenus à s'entendre sur un texte... mais pas sur une personne. Résultat, le maire de Paris a claqué la porte, la maire de Lille a finalement annoncé sa candidature et le député européen a maintenu la sienne. Avec celle de Royal, il reste donc trois candidatures pour un fauteuil.

>> Pour faire le point sur leurs motions, cliquez ici

Que va-t-il se passer cette semaine?
Après avoir voté une première fois pour départager les six motions il y a quinze jours, les adhérents du PS vont devoir retourner aux urnes jeudi dans leurs sections. Si aucun candidat ne passe la barre des 50%, un deuxième tour aura lieu le lendemain, vendredi 21 novembre. En attendant, les candidats ont trois jours pour rassembler le maximum de soutiens, quitte à, bien sûr, se tirer dans les pattes et ressortir de vieux dossiers.

Que faut-il attendre du vote?
Même si Benoît Hamon se voit bien au 2e tour, le scénario le plus probable est un duel serré entre l'ex-candidate à la présidentielle et Martine Aubry au second tour. «Avec le soutien de Bertrand Delanoë, la maire de Lille (24,3% le 6 novembre) doit mathématiquement gagner», estime Gérard Grunberg, directeur de recherches à Sciences-Po et au CNRS. Les électeurs de Hamon (18,%) reporteront en effet leurs voix sur Martine Aubry, qui bénéficiera également d'une partie des 25,2% d'adhérents qui ont voté pour le maire de Paris.

Selon Rémy Lefebvre, politologue spécialiste du PS, il faut malgré tout «s'attendre à ce qu'une partie de l'électorat de Delanoë se reporte sur Royal» dès le 1er tour. Certains parlent même de 50%. Mais selon les spécialistes, tout dépendra de la participation. Faible le 6 novembre (55%), elle peut s'avérer plus importante cette fois-ci. «Ségolène Royal joue le 1er tour, et va sans doute tenter de mobiliser les militants absentionnistes du 6 novembre, quitte à de nouveau proposer un coup de pouce sur les cotisations», analyse Rémy Lefebvre. «Si les militants ne sont pas venus voter le 6, alors qu'il s'agissait d'un combat politique majeur, je ne vois pas pourquoi ils viendraient jeudi», juge au contraire Denis Lefebvre, historien du PS*. Un avis partagé par Stéphane Le Foll, directeur de cabinet de François Hollande.

Reste à savoir quel peut être l'avenir du Parti socialiste, si le gagnant du vote des militants pourra à la fois éviter une explosion du parti mais aussi diriger une base éclatée.

Catherine Fournier
>> Retrouvez ici notre dossier sur le congrès du PS à Reims.

Et aussi, à lire sur le blog Rénovation PS, les coulisses du Congrès.
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